06 avril 2011
Une histoire des N.R. français par Christian Bouchet voxnr
| Christian Bouchet |
Histoire :: France
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Je remercie Serge Ayoub de m’avoir fait l’honneur de m’inviter à prononcer cette conférence sur une mouvance à laquelle j’appartiens depuis près de 40 ans. J’espère vous apporter des informations inédites. Cela étant, il faut que vous ayez conscience que dans le temps qu’il m’est imparti pour cette prise de parole je ne peux faire qu’effleurer mon sujet. Mon dilemme a été de tenter de trouver une troisième voie, on n’en sort jamais, entre vous infliger une thèse inaudible et interminable et me contenter de vous faire du name dropping sans vous permettre de placer les groupes cités en perspective. Par ailleurs, pardonnez-moi mes faibles capacités d’orateur, je suis un homme de l’écrit et la prise de parole en public n’est ni dans mes habitudes ni mon point fort.
Avant d’aborder l’histoire du nationalisme-révolutionnaire il convient d’analyser précisément ce qui se cache derrière ce terme. On peut utiliser pour ce faire trois définitions : la première considère le nationalisme-révolutionnaire comme une version européenne des mouvements de libération nationale des pays du tiers monde, la deuxième le voit comme une gauche nationaliste, enfin la troisième en fait une idéologie où se rejoindraient les extrêmes politiques.
L’idée du nationalisme-révolutionnaire comme une version européenne des mouvements de libération nationale des pays du tiers monde est séduisante, elle a été en particulier développée par François Duprat dans ses écrits des années 1970. Cela correspond bien à une réalité géopolitique : l’Europe occupée, à partir de 1945, par les USA et l’URSS, puis par les USA uniquement. Par contre, où cette définition pèche c’est par son côté trop restrictif : tout d’abord elle ne s’applique qu’à une période historique récente, ensuite elle ne permet pas de saisir les spécificités idéologiques du mouvement NR.
On peut alors aller plus loin, et compléter ce que l’on vient de dire en affirmant que ce courant est une gauche nationaliste. L’idée est défendue en Europe par un certain nombre de groupes qui ont prit cette définition comme nom, j’en connais au moins des exemples en Italie - ou le grand quotidien NR Rinascita se présente comme l’organe de la gauche nationale - et en Espagne.
Dans la première moitié des années 2000, Thomas Ferrier, un jeune historien nancéen a publié plusieurs écrits théoriques sur ce thème.
Pour lui, il n’existerait que six courants politiques, trois à gauche et trois à droite. À savoir : la gauche sociale-démocrate, la gauche internationaliste, la gauche nationaliste, la droite libérale-démocrate, la droite conservatrice et la droite nationaliste.
Partant de ces prémisses, il a développé la thèse suivante : « la gauche sociale-démocrate et la droite libérale-démocrate se rejoignent au centre. La droite nationaliste est à mi chemin entre la gauche nationaliste et la droite conservatrice. La gauche nationaliste est à mi chemin entre la droite nationaliste et la gauche internationaliste.
Pour simplifier la gauche nationaliste a le programme économique de la gauche internationaliste et le programme politique de la droite nationaliste. Au socialisme international de l'extrême gauche, la gauche nationaliste oppose le socialisme national. »
Il proposait ensuite un certain nombre de clivages permettant de différencier la gauche nationaliste de la droite nationaliste : « Le clivage prolétaire/bourgeois: la droite nationaliste défend la bourgeoisie alors que la gauche nationaliste défend le modèle du travailleur (Ernst Jünger) ou du prolétaire (Filippo Corridoni), associé au culte du héros (Carlyle, Nietzsche).
Le clivage laïcisme/christianisme: la droite nationaliste est naturellement chrétienne ou pour accorder au christianisme une grande place; la gauche nationaliste est souvent athée et généralement laïque.
Le clivage 1789/anti-1789: la gauche nationaliste se reconnaît comme héritière de la révolution française alors que la droite nationaliste est hostile à 1789.
Le clivage république/monarchie: la gauche nationaliste est républicaine et la droite nationaliste est naturellement monarchiste, même si parfois elle prétend accepter le principe républicain.
Le clivage démocratie/pouvoir du chef-aristocratie: la gauche nationaliste est pour la démocratie alors que la droite nationaliste y est très opposée.
Le clivage socialisme/libéralisme: la gauche nationaliste est socialiste, la droite nationaliste est antisocialiste et libérale économiquement.
Le clivage Europe/anti-Europe: la gauche nationaliste est pour l'unification européenne, voire même pour le concept de nation européenne ; la droite nationaliste est hostile à toute construction européenne, tout au plus défend elle le concept oxymorique d'Europe des Nations. »
On a là quelque chose d’assez séduisant mais qui, à mon sens n’est pas totalement satisfaisant tant historiquement qu’idéologiquement. En effet, le nationalisme-révolutionnaire à des origines historiques, nous le verrons, à la fois de droite et de gauche et il défend des idées qui sont souvent des synthèses issues de la droite et de la gauche. Se déclarer ainsi de « gauche nationale » a donc à mes yeux un effet amoindrissant quand à notre spécificité.
D’où la troisième définition que je vous propose. Pour la comprendre, il faut abandonner l’idée d’une représentation linéaire du monde politique où les extrêmes fuient vers l’infini au profit d’une représentation circulaire où il existe une droite et une gauche se faisant face et deux centres se faisant face de même : l’un mou et l’autre dur. Un auteur français, Fabrice Bouthillon, a bien expliqué cela dans un texte récent où il écrit « C’est pour renouer ce qui avait été dénoué par la révolution française que se sont multipliées dans toute l’Europe, après 1789, ces tentatives de compromis entre la Droite et la Gauche que constituent les centrismes. (…) Il existe deux types de centrisme, soit par soustraction, soit par addition des extrêmes. » Le modèle du second, qui est en fait un centrismes radical, combinant et l’extrême gauche, et l’extrême droite, c’est ce que nous nommons le nationalisme-révolutionnaire : un courant qui assimile les notions de droite et de gauche.
L’idée n’est pas récente, on la retrouvait déjà chez les NR allemands des années 1930 qui se présentaient comme des « links leute von recht » et chez Oswald Mosley, après la deuxième guerre mondiale, pour ne citer que deux exemples. L’universitaire Jean-Pierre Faye avait d’ailleurs déjà développé, dans les années 1970, une analyse a peu près similaire en estimant que les NR était ceux qui se trouvait entre les pôle d’un aimant ayant la forme traditionnelle d’un fer à chaval.
Thomas Ferrier, que j’ai cité à l’instant, quand il nous parlait de la gauche nationaliste, nous en proposait aussi, un arbre généalogique ainsi conçu : « Les révolutionnaires les plus nationalistes en 1789, les communards les plus nationalistes (les blanquistes, Louis Rossel), la tradition du socialisme national français du XIXème siècle : Charles Fourier, Joseph Proudhon, Auguste Blanqui, Benoît Malon, Albert Regnard, Georges Sorel, Jules Guesde, Jean Allemane, Jean Jaurès, Maurice Barrès jeune, le socialisme national français des années 1920 et 1930: Georges Valois, Marcel Déat, le belge Henri de Man, Gaston Bergery, le socialisme national français de la résistance (Charles de Gaulle d'une certaine manière, Philippe Barrès) et de la collaboration (Charles Spinasse, le journal Le Rouge et le bleu, Pierre Drieu la Rochelle, toujours Marcel Déat, etc.), le socialisme national d'après-guerre, parfois devenu socialisme européen : le Jean-Pierre Chevènement de Patrie et progrès, des gens comme Jean Thiriart ou François Duprat. »
On a là l’essentiel de ce que je vais vous développer ci-après, avec la réserve que Thomas Ferrier ne percevait pas, ou ne voulait pas percevoir, l’influence de certains courants purement de droite dans la genèse du courant NR, sur lesquels je vais un peu insister.
Dans un premier temps, intéressons nous à nos lointains ancêtres, à ceux dont l’action historique a inspiré l’engagement des nôtres que ce soit hier ou aujourd’hui : les sans-culottes, la montagne blanche et le bonapartisme radical.
Dans ces trois cas, il convient avant d’aller plus loin de noter que les groupes concernées eurent un recrutement essentiellement populaire, voire prolétarien. C’est important et il convient de noter la persistance de ce phénomène résumé plus tard par Jean Jaurès dans sa célèbre phrase : « À celui qui n’a plus rien, la nation est son seul bien ». De plus, ces trois courant furent dans leurs revendications essentiellement favorables à une plus grande démocratie, voire à une sorte de lutte des classes puisqu’ils identifiaient parfaitement l’appartenance à la classe bourgeoise de leurs ennemis.
Pendant la Révolution de 1789, les sans-culottes avaient pour mot d’ordre « Vive la Nation ! » Pourquoi ? Parce que la Grande Révolution avait transformé le royaume de France en nation française. Les sujets était alors devenu un peuple de citoyens et l’apparition de la nation n’avait pas été celle d’un principe abstrait mais d’une pratique politique permettant l’élaboration des règles de droit défendant l’intérêt collectif face aux intérêts individuels.
Sous la Convention, la constitution du 24 juin 1793 (ou de l’an I) est sans doute un modèle pour nous en ce qu’elle cherche à établir une véritable souveraineté populaire grâce à des élections fréquentes au suffrage universel, le mandat impératif, la possibilité pour les citoyens d'intervenir dans le processus législatif et tous les pouvoirs attribués à un corps législatif élu pour un an. Mais ce qui est le plus intéressant pour nous, c’est le décret du 23 août 1793 concernant l’Armée de l’an II. On y trouve le thème du peuple en arme et de la mobilisation totale, base de toute vision NR de la société. Je cite ce fameux décret : « Dès ce moment jusqu’à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées. Les jeunes gens iront au combat ; les hommes mariés forgeront les armes et transporteront les subsistances ; les femmes feront des tentes et serviront dans les hôpitaux ; les enfants mettront le vieux linge en charpie ; les vieillards se feront porter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, prêcher la haine des rois et l’unité de la République »
De plus, il n’est pas insignifiant, à mes yeux, que certains généraux jacobins comme Moreau et, à un moindre titre, Pichegru, participent à des conspirations avec des royalistes radicaux comme Cadoudal sous le consulat. On a là le début d’un oxymore politique qui s’est continué avec la montagne blanche – courant aussi nommé carolo-républicanisme -, un mouvement royaliste légitimiste apparu dans le sud de la France suite à la révolution de Juillet 1830.
Bien qu’il soit assez fascinant, il est très peu connu dans nos milieux alors qu’il aura une influence non négligeable à son époque, au point que Karl Marx l’évoque dans son Manifeste du Parti communiste.
Sans s’attarder sur les détails, on peut en donner trois caractéristiques :
1 – c’est un mouvement populaire (petits agriculteurs, artisans, tacherons) opposé à la bourgeoisie louis-philipparde qui opprime politiquement et socialement ses membres,
2 – c’est un mouvement démocratique qui invoque le suffrage universel comme seul moyen de restaurer la monarchie légitime,
3 – c’est un mouvement qui dépasse les clivages politiques puisqu’il va faire de nombreuses alliances avec les républicains les plus radicaux pour faire obstacle aux candidats bourgeois louis-philippards ou républicains modérés.
Quant au bonapartisme radical, c’est celui qui après 1870 ne va pas se rallier progressivement au camp des modérés et des conservateurs mais va continuer le combat politique pour une restauration impériale. La aussi, comme pour la montagne blanche, il fait preuve d’un hyper-démocratisme en se déclarant en faveur des plébiscites et du référendum, allant jusqu’à en adopter les noms comme auto-désignation synthétisant son orientation puisqu’il se dénomma successivement Comité plébiscitaires et Parti de l’appel au peuple.
Ce qu’il est important de relever aussi c’est que c’est la première structure politique nationaliste avec laquelle il n’y a pas de solution de continuité entre elle et nous puisque les organisations que je viens de citer existèrent jusqu’à la deuxième guerre mondiale et qu’elles donnèrent nombre de militants aux mouvements nationalistes des années 1930.
Quand je parlais des Sans-culottes ou de la Montagne blanche, nous étions dans une filiation de désir ou de référence, là on est dans une filiation idéologique réelle puisque des personnalités qui peuvent nous avoir influencées l’ont été elles mêmes par les idées de ces partis ou de leur organes de presse comme L’Appel au peuple ou L’Autorité.
Puisque je parle de filiation directe, on arrive maintenant aux premiers groupes que l’on peut considérer comme réellement NR. Ce sont ceux que Zev Sternhell a défini comme la droite révolutionnaire. Je vous conseille de lire son livre qui existe dans une édition de poche. Vous y trouverez, à la charnière du XIXème et du XXème siècle, bien des thèmes que nous défendons toujours et qui sont réellement apparus alors.
Marc Crapez, un autre auteur qui a traité de cette période, préfère, à juste titre, au terme de droite révolutionnaire celui de socialisme national et il estime que c’est un courant directement issu de la Révolution française. Il date sa première manifestation à la fin du second Empire avec un renouveau de l’hébertisme (nom venant de Jacques-René Hébert, dirigeant de ma fraction « les exagérés » qui étaient les montagnards les plus ultras et les plus nationalistes) auquel il fait succéder les boulangistes, les blanquistes et les syndicats jaunes de Biétry. Dans cette mouvance, assez vaste et parfois confuse, il faut dire un mot d’une expérience courte mais significative qui résume bien ce que fut cette famille politique : il s’agit de La Cocarde. Ce quotidien parut de mars 1888 à 1905. De septembre 1894 à mars 1895, il fut un organe « socialiste national » sous la direction de Maurice Barrès. La Cocarde illustra, au tournant du siècle, les multiples convergences entre extrême gauche et extrême droite (critique de la démocratie représentative et du républicanisme modéré, activisme, nationalisme, revanche, etc.). La Cocarde fut antiparlementaire et xénophobe, mais elle parlait avec estime de Jean Jaurès et avec émotion de la Révolution française. Barrès, durant la période où il dirigea le quotidien, tenta de concilier nationalisme et socialisme. Il voulait organiser le travail, supprimer le prolétariat et réduire par la décentralisation l'omnipotence de l'État.
Dans l’héritage de ce socialisme national on trouve Gustave Hervé. Il est issu de l’extrême gauche et en 1912, il entame une évolution vers le patriotisme de cœur et de raison. En juillet 1914, il devient un des socialiste les plus virulents en faveur de la défense nationale.
Il transformera même le titre de son organe de presse La Guerre sociale en La Victoire, en janvier 1916.
En 1919, Gustave Hervé créa un petit Parti socialiste national, où il fut rejoint par des figures de l’extrême gauche d’avant la guerre comme Alexandre Zévaès, ancien député guesdiste, Jean Allemane, leader d'un des partis socialistes de la période 1890-1902, et Emile Tissier (lui aussi ex-marxiste guesdiste).
Lors de la Marche sur Rome (1922), Hervé saluera son « vaillant camarade Mussolini ». Son Parti socialiste national deviendra, en 1925, le Parti de la république autoritaire puis la Milice socialiste nationale en 1932 dont il confiera la direction à un certain Marcel Bucard qui le quittera, fin 1933, pour fonder le Francisme.
Dans une tradition plus marquée par la droite, et un peu plus tardivement, il faut prendre en compte, en 1912, l’expérience du Cercle Proudhon de Georges Valois qui issu de l’anarchie était entré à l’Action française.
Valois, nous sert de pont avec les années 1930. Vous n’ignorez pas qu’il fondera, en 1925, le Faisceau doté d’un quotidien, Le Nouveau Siècle. Le Faisceau est créé sur le modèle mussolinien, mais il est « ni anti-socialiste, ni anticommuniste, ni antisémite ».
Dénonçant l’impuissance du parlementarisme, la faillite des vieux partis, la « paix manquée », le Faisceau a pour but de créer au-dessus des partis et des classes un véritable « État national et populaire ». L’accent est mis aussi sur la défense des intérêts ouvriers et l’organisation de la justice dans la vie sociale.
Quand Valois dissout le Faisceau en mars 1928, une partie de ses proches manifestent leur désaccord avec lui et créent le Parti fasciste révolutionnaire avec Philippe Lamour et Pierre Winter. On les retrouvera peu de temps après parmi les animateurs de ce qu’on a nommé les « non-conformistes des années 30 », créant, avec l’architecte Le Corbusier, des revues comme Plans et Prélude, travaillant de concert avec des groupes de petites taille comme Ordre nouveau, le Mouvement travailliste français, le Front social ou le Front national syndicaliste. C’est incontestablement d’eux dont nous sommes les héritiers directs, 1000 fois plus que des ligues.
Vient ensuite la période sombre de la deuxième guerre mondiale. Nul n’ignore que le national-socialisme a, en Allemagne, sévèrement réprimé le courant NR dont les principaux dirigeants ont connu l’exil ou les camps.
En France, une partie de nos grands anciens choisira, à un moment où à un autre, la résistance soit intérieure soit à Londres. Certains y perdront la vie comme Jean Arthuys ou Georges Valois. Au lendemain de la guerre on les retrouvera pour certains au RPF, tandis que d’autres comme Alexandre Marc, continueront, via La Fédération, puis divers cercles, un travail idéologique assez proche du nôtre et l’influençant souvent tournant principalement autour du nationalisme européen.
Une autre partie de ceux dont nous nous revendiquons aura une attitude possibiliste voire collaborationiste motivée par des réflexions qui ne sont plus guère compréhensibles actuellement.
Sans doute une partie de ce que l’on nomme la gauche collaborationiste, en particulier Marcel Déat, est-elle sur des bases idéologiques assez intéressantes et mériterait une étude dépassionnée. Il faudrait aussi parler du Mouvement social révolutionnaire où milita Abellio ainsi que du Mouvement nationaliste-révolutionnaire constitué par des trotskistes ralliés à la révolution nationale.
Je viens de citer Marcel Déat et les partisans de Léon Trostsky. D’une manière surprenante, c’est un disciple du second René Binet et un neveux du premier, Charles Luca, qui maintiendront la flamme du nationalisme-révolutionnaire dans les années 1940-1960.
René Binet commença à militer dans les années 1930 aux Jeunesses communistes du Havre. Exclu en 1935, il s'orienta vers la IVème Internationale et participa à la fondation du Parti communiste internationaliste en mars 1936, dont il fut élu membre du comité central. Il écrivit également dans le journal trotskiste La Vérité et il anima la revue locale du PCI, Le Prolétaire du Havre. Durant la guerre, il devint collaborateur. Une thèse a été avancé affirmant qu’il avait d’abord été infiltré par le mouvement trotskiste dans un groupe collaborationniste de gauche avant d’être gagné aux idées de l’ordre nouveau. Quoiqu’il en soit, après la guerre, en 1946, il créa le Parti républicain d'unité populaire (PRUP), regroupant quelques centaines de personnes, pour la plupart d'anciens trotskistes ou militants du PCF — dont Maurice Plais, ancien adjoint communiste à la mairie de Clamart —, qui fusionna en 1947 avec les Forces françaises révolutionnaires et devint en 1948 le Mouvement socialiste d'unité française, qui fut interdit l’année suivante. Il fut le contact en France de Francis Parker Yockey et il contribua à la création, avec Maurice Bardèche, du Mouvement social européen. Il décéda accidentellement en 1957.
À cette date, il avait déjà été remplacé par Charles Luca. Celui-ci créa une série d’organisations qui furent successivement dissoutes : en 1947, les Commandos de Saint-Ex, dissout par le ministre de l'Intérieur Jules Moch en novembre 1949 pour trouble à l'ordre public. Ils furent immédiatement reconstitués, sous le nom de Mouvement national Citadelle qui prit le nom de Parti socialiste français en octobre 1953 puis, deux ans plus tard, de Phalange française.
Significativement, ce groupe sera le parti frère en France de la Deutsche Soziale Union d'Otto Strasser.
Il sera dissout en mai 1958 par un décret du gouvernement Pflimlin. L'organisation se reconstitua aussitôt sous le nom de Mouvement populaire français (nom signifiant car l’organisation internationale des strasseriens se nomme alors le Mouvement populaire européen) qui sera dissout de nouveau à l'été 1960. Charles Luca quittera alors l’exposition de premier plan et il est décédé il est décédé il y a une dizaine d’année. J’ai eu l’occasion d’être en contact avec lui dans ses vieux jours.
Le temps sera alors venu pour Jean Thiriart, lui aussi un ancien trotskiste passé à la collaboration.
Condamné à trois ans de prison à la Libération, Thiriart ne refait politiquement surface qu'en 1960, en participant, à l'occasion de la décolonisation du Congo belge, à la fondation du Comité d'action et de défense des Belges d'Afrique qui devient quelques semaines plus tard le Mouvement d'action civique. En peu de temps Jean Thiriart transforma ce groupuscule poujadiste en une structure révolutionnaire qui - estimant que la prise du pouvoir par l'OAS en France pourrait être un tremplin pour la révolution européenne - apporta son soutien à l'armée secrète.
Parallèlement, une réunion est organisée à Venise le 4 mars 1962. Participent à celle-ci, outre Thiriart qui représente le MAC et la Belgique, le Movimento sociale italiano pour l'Italie, le Sozialistische Reichspartei pour l'Allemagne, et l’Union Movement d'Oswald Mosley pour le Royaume-Uni. Dans une déclaration commune, ces organisations déclarent vouloir fonder « un Parti national européen, axé sur l'idée de l'unité européenne, qui n'accepte pas la satellisation de l'Europe occidentale par les USA et ne renonce pas à la réunification des territoires de l'Est, de la Pologne à la Bulgarie, en passant par la Hongrie ». Mais le Parti national européen n'eut qu'une existence brève, le nationalisme des Italiens et des Allemands leur faisant rapidement rompre leurs engagements pro-européens.
Cela ajouté à la fin de l'OAS fait réfléchir Thiriart qui conclut que la seule solution est dans la création de toute pièce d'un Parti révolutionnaire européen - le « Parti Historique » - et dans un front commun avec des partis ou pays opposés à l'ordre de Yalta.
Aboutissement d'un travail entamé dès la fin 1961, le MAC se transforme en janvier 1963 en Jeune Europe, organisation européenne qui s'implante en Autriche, Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Portugal et Suisse, et qui aura aussi pour nom en 1965 le Parti communautaire européen (PCE).
L'originalité de Jeune Europe réside dans son idéologie, le Communautarisme national-européen, que Thiriart présente comme un « socialisme européen et élitiste », débureaucratisé et vertébré par un nationalisme européen. Récusant la notion romantique de nation, héritée du XIXe siècle, qui s'inscrit dans un déterminisme ethnique, linguistique ou religieux, Thiriart considère comme plus conséquent le concept de nation comme communauté de destin tel que décrit par José Ortega y Gasset, c'est-à-dire comme dynamique, en mouvement, en devenir. Sans rejeter totalement le passé commun, il pense que « ce passé n'est rien en regard du gigantesque avenir en commun (...) Ce qui fait la réalité et la viabilité de la Nation, c'est son unité de destin historique ». Se définissant comme un « Jacobin de la très grande Europe », il veut construire une nation unitaire et se prononce pour un « État-fusion », centralisé et transnational, héritier politique, juridique et spirituel de l'Empire romain, qui donnera à tous ses habitants l'omnicitoyenneté européenne. « L'axe principal de ma pensée politico-historique est l'État unitaire, centralisé, État politique, et non pas État racial, État souvenir, État historique, État religieux », résumera-t-il en 1989.
Bien qu'implantée dans six pays, cette structure militante ne regroupera jamais plus de 5.000 membres à travers toute l'Europe. Sur ce total, les deux tiers sont concentrés en Italie. En France, du fait de son soutien à l'OAS, Jeune Europe sera interdit, ce qui contraindra le mouvement à rester dans une semi-clandestinité et expliquera sa faible influence, ses effectifs n'y dépassant pas les 200 adhérents.
Le nouveau mouvement est néanmoins très fortement structuré, il insiste sur la formation idéologique dans de véritables écoles de cadres dès octobre 1965, Thiriart ayant élaboré une « physique de la politique » fondée sur les écrits de Machiavel, Gustave Le Bon, Serge Tchakotine, Carl Schmitt, Julien Freund, et Raymond Aron. Il tente aussi de mettre en place une centrale syndicale, les Syndicats communautaires européens. De surcroît, Jeune Europe souhaite fonder des Brigades révolutionnaires européennes pour débuter la lutte armée contre l'occupant américain, et chercher un poumon extérieur. Ainsi des contacts sont pris avec la République populaire de Chine, la Yougoslavie et la Roumanie, de même qu'avec l'Irak, l'Égypte et l'autorité palestinienne.
La presse de l'organisation, tout d'abord Jeune Europe, puis La Nation européenne, a une audience certaine et compte des collaborateurs parmi lesquels on peut citer l'écrivain Pierre Gripari, le député des Alpes-Maritimes Francis Palmero, l'ambassadeur de Syrie à Bruxelles Selim El Yafi, celui d'Irak à Paris Nather El Omari, ainsi que Tran Hoai Nam, chef de la mission vietcong à Alger, des personnalités telles que le leader noir américain Stockeley Carmichael, le coordinateur du secrétariat exécutif du FLN Cherif Belkacem, le commandant Si Larbi et Djambil Mendimred, tous les deux dirigeants du FLN algérien, ou le prédécesseur d'Arafat à la tête de l'OLP, Ahmed Choukeiri, acceptent sans difficultés de lui accorder des entretiens. Quant au général Peron, en exil à Madrid, il déclare : « Je lis régulièrement La Nation Européenne et je partage entièrement ses idées. Non seulement en ce qui concerne l'Europe mais le monde. »
Si Jean Thiriart est reconnu comme un révolutionnaire avec lequel il faut compter - il rencontre Zhou Enlai, alors Premier Ministre chinois, en 1966 et Nasser en 1968, et est interdit de séjour dans cinq pays européens - et si l'apport militaire de ses militants au combat antisioniste n'est pas contesté - le premier Européen tombé, les armes à la main en luttant contre le sionisme, Roger Coudroy, est membre de Jeune Europe - ses alliés restent prudents et n'accordent pas à Jeune Europe l'aide financière et matérielle souhaitée. De surcroît, après les crises de la décolonisation, l'Europe bénéficie d'une décennie de prospérité économique qui rend très difficile la survie d'un mouvement révolutionnaire. En 1969, Jean Thiriart mettra un terme à l’expérience de Jeune Europe. La date est assez étrange et marque qu’il n’avait pas du tout saisi l’importance des événements de mai et l’influence que ceux-ci auraient. Il va disparaître du champ jusqu’aux années 1980 où on le verra réapparaître et militer un temps avec nous.
Le nationalisme-révolutionnaire va alors connaître une période de très basse eaux où ne seront actifs que l’Organisation lutte du peuple d’Yves Bataille et, au niveau théorique, Les Cahiers du CDPU de Michel Schneider.
À l’OLP, je crois que nous n’avons jamais été plus de 30 membres mais, avec l’équipe des Cahiers, nous avons marqué l’histoire de la mouvance NR française en étant des mainteneurs dans une période difficile et des passeurs idéologiques. C’est là que s’est maintenue la pensée de Thiriart et c’est par ce canal que les thèses des groupes italiens de l’époque, dont celle de Freda, ont pénétrées en France.
En parallèle et un petit peu plus tard, c’est François Duprat, qui a partir de 1973, va, en étudiant les exemples des réussites et des échecs dans les pays étrangers, convaincre un certain nombre de militants que le groupuscularisme ne sert plus à rien et qu’il est préférable d’agir comme un aiguillon idéologique et stratégique au sein d’un grand parti électoraliste.
Il se positionne là en rupture avec le souhait manifesté, durant les 25 années précédentes de créer des partis NR de type léniniste.
C’est ce tournant stratégique qui explique l’oscillation qui va marquer l’histoire future des groupes NR jusqu’à nos jours et qui explique ses principales scissions. Une oscillation entre la volonté de créer un parti autonome et celle de pratiquer un certain entrisme. Choisiront ainsi la forme de tendance plus ou moins organisée au sein du Front national les GNR et Unité radicale, et celle du mouvement autonome le Mouvement nationaliste-révolutionnaire, Troisième voie et Nouvelle résistance. Quand un certain nombre de cadres de Troisième voie voudront changer de stratégie, elle connaîtra la scission qui l’emportera, il en sera de même pour Nouvelle résistance et Unité radicale.
De 1973 à nos jours on va donc voir se succéder cinq organisations qui vont naître les unes des autres.
Tout n’est pas de valeur identique et il y aura incontestablement un mouvement de dépérissement des organisations qui va toucher la mouvance à partir de la fin des années 1990. La montée du Front va y attirer tous les cadres de valeur qui jusqu’alors encadraient les groupuscules d’où un recul très net de la qualité de ceux-ci tant au niveau organisationnel qu’intellectuel.
À partir de 1973, Duprat lance donc Les Cahiers européens qui, en 1974, apportent un soutien important à la première campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen. En juin, le leader du FN leur adresse un message clair; il y affirme : « La place des nationalistes-révolutionnaires est au sein du FN, qui autorise la double appartenance et respecte les choix idéologiques de ses adhérents. » En conséquence, en septembre 1974, Duprat et ses partisans entrent au FN ; dès novembre ce sont eux qui créent Le National, l’organe du parti.
Au sein du FN, Duprat est chargé de la Commission électorale, c’est-à-dire qu’il est responsable des questions stratégiques et propagandistes : en somme, c’est lui qui fait tourner la machine. Pour Alain Rollat (in Les Hommes de l’extrême droite, Calmann-Lévy, 1985.) « François Duprat apparaît comme le véritable numéro deux du parti. Il est un remarquable organisateur en même temps que l’éminence grise de Jean-Marie Le Pen. Le FN lui doit sa discipline interne. »
En parallèle, François Duprat développe sa tendance. Pour ce faire, en 1976, il crée les Groupes nationalistes-révolutionnaires dont l’influence au sein du FN est bientôt importante : Alain Renault qui est le bras droit de Duprat devient secrétaire général adjoint du Front et aux législatives de 1978 un tiers des candidats sont issus des GNR.
Mais tout ne se passe pas sans heurts et, dès le quatrième congrès du FN (Bagnolet, 1976), certains éléments nationaux ne cachent pas leur hostilité aux NR. Cependant, l’importance politique de François Duprat fait qu’ils sont intouchables. Dès qu’il est assassiné, tout change et c’est la purge! Elle est menée par Michel Collinot et Jean-Pierre Stirbois. Au congrès du FN de novembre 1978, Alain Renault tente de convaincre qu’« aucune épuration n’est dirigée contre les véritables nationalistes-révolutionnaires, et qu’ils continuent d’avoir toute leur place au sein du Front », mais personne ne le croit. Les militants NR soit sont exclus, soit démissionnent ; ils participent alors avec ce qui reste de l’Organisation lutte du peuple et des Groupes d’action jeunesse (qui avaient refusé la stratégie du Front national d’Ordre nouveau) à la création du Mouvement nationaliste-révolutionnaire que va diriger Jean-Gilles Malliarakis. Mouvement qui se transformera en Troisième voie en 1985 et éclatera entre pro- et anti-lepeniste en 1991. Les seconds créant Nouvelle résistance.
Troisième voie a connu quelques beaux succès. Elle a publié quelque temps un mensuel de qualité diffusé en kiosque, je me souviens d’une réunion où nous avions rempli la Mutualité, etc. Ce qui l’a pénalisé et au final a entraîné sa disparition ce fut la montée du Front national qui a mangé la quasi-totalité de son espace, mais surtout la personnalité de son leader Jean-Gilles Malliarakis qui empêchait tout travail d’équipe et qui a été la cause du départ les uns après les autres de tous ses cadres de qualité.
Nouvelle résistance sera la dernière expérience purement NR en France. J’en étais, j’en étais même le deus ex machina et j’avoue qu’on a été loin dans l’hystérie politique et dans le gauchisme national. On a fait aussi un travail théorique non négligeable, on a publié un hebdomadaire et un a mis un journal imprimé dans les kiosques. Mais on était en déphasage total avec la mouvance ce qui explique que parti à 175 de Troisième voie on a fini à une trentaine quelques années après. D’où la nécessité de créer Unité radicale et de modifier en apparence la ligne de fond en comble pour maintenir la tête hors de l’eau.
Ce dernier groupe a été présenté par les médias de manière toute à fait caricaturale et l’affaire Maxime Brunerie n’a pas arrangé les choses.
Dans la réalité, on était très loin de ce qui a pu être raconté et le modèle organisationnel qui nous inspirait était le travail des trotskistes de Militant au sein du Labour, c’est dire !
En fait, c’est la scission du FN et le mauvais choix fait alors qui a été la cause de notre échec final.
Avant de conclure, je vais aborder un thème sans lequel mon exposé ne serait pas complet : le désir qui a toujours animé, dès l’origine, les NR de mener un combat à l’échelle continentale.
Vous me direz que, d’une certaine mesure, c’est normal pour un courant professant un nationalisme grand européen. C’est exact, mais ce qu’il faut prendre en compte c’est que la volonté de créer une internationale NR s’est manifestée même avant que cette composante de la pensée NR apparaisse réellement. Sans doute parce que c’est le seul courant nationaliste où l’on se bat plus pour une conception de l’homme qui inclut un rattachement à une nation que véritablement pour défendre une nation indépendamment de l’idée qu’elle véhiculerait.
Quoiqu’il en soit. Dès Biétry, il y a une tentative de création d’une structure européenne avec, entre autre, des liens assez étroits avec l’Union du peuple russe. Dans les années 1930, on retrouvera l’équipe de la revue Plans et Ordre nouveau tentant de créer une coordination européenne et à ce titre entrant en contact avec Ramiro Ledesma Ramos, Harro Sulze-Boysen et Otto Strasser. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale on verra se succéder le Front européen de libération de Francis Parker Yockey, le Mouvement populaire européen d’Otto Strasser, Jeune europe de Jean Thiriart, le Comité de liaison des européens révolutionnaires, le Groupe du 12 mars et un nouveau Front européen de libération…
Je ne crois pas révéler un secret d’État en vous disant que Serge travaille actuellement à développer les relations de Troisième voie au niveau européen.
Cela étant que faut-il penser de ces relation internationales ? Sont-ce une internationale des boites postales comme certains ont pu ironiser où cela va-t-il plus loin ?
Pour avoir été un des animateurs du Front européen de libération, je peux vous dire que l’intérêt politique est immense. Il peut y avoir ainsi une mutualisation des idées et des thèmes de combat, la possibilité de découvrir de nouveaux champ d’action et de nouvelles stratégies, de s’enrichir des expériences idéologiques menées ailleurs, et aussi de mener des campagnes au niveau européen contre un ennemi commun.
Bien sur, le combat européen n’est pas la panacée, mais ce serait une erreur de le négliger.
J’arrive maintenant au moment de conclure.
Depuis le début de mon exposé, je n’ai fait que de vous parler de groupuscules. Durant 35 ans pleins, j’ai appartenu à un certain nombre d’entre eux et j’en ai dirigé d’autres, je suis donc bien placé pour savoir de quoi il retourne, pour ne pas être dupe sur leur nombre de militants et sur leur influence réelle.
Vous êtes donc en droit de vous interroger sur l’intérêt réel de cet engagement. Je l’ai fait aussi, et à de très nombreuses reprises : pourquoi tant de dépense de temps et d’argent, pourquoi tant de sacrifices humains, pour, au final, ne faire que labourer la mer ?
À vous dire vrai. Il y a très longtemps que j’ai abandonné l’espoir d’une réussite organisationnelle. Par contre, j’ai toujours été convaincu – et je le suis encore – par la justesse des idées et par leur influence possible. Ainsi, je me retrouve assez bien dans cette citation de Gilles Martinet, qui lui a passé une partie de sa vie dans des groupuscules de la gauche dure : « Je n’ai jamais cru à l’avenir des petites organisations se situant en marge des grandes formations historiques. Et pourtant, j’ai participé moi-même à la constitution et à la direction de plusieurs de celles-ci. C’est que je croyais que leur existence et que leur combat pouvaient entraîner des changements au sein des grands partis. »
Le rôle qu’ont eu les NR français au sein du mouvement national a été de servir de laboratoire idéologique et de passeurs d’idées. C’est ce qu’a très bien vu Nicolas Lebourg, un universitaire hostile mais honnête, qui dans sa thèse Les nationalistes-révolutionnaires en mouvements (1962-2202) écrit (p. 704) : « Au sein même du système politique concurrentiel, les groupuscules trouvent leur importance en leur travail de “veilleur” et de fournisseur de concepts et d’éléments discursifs aux structures populistes qui ont, quant à elles, accès à l’espace médiatique. » et d’expliquer que les nationalistes-révolutionnaires ont fourni au Front national nombre de ses idées essentielles dont l’anti-américanisme et l’anti-immigration et, selon ses propres termes, « l’ont ainsi armé lexico-idéologiquement ». Une action de fond qui, je l’espère, n’est pas terminée.
Mais pour jouer ce rôle de laboratoire idéologique et de passeurs d’idées, encore fallait-il avoir une structure, une presse, des activistes, etc. C’est ce qui justifiait les constructions groupusculaires auxquelles j’ai participé et c’est ce qui les justifie toujours.
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24 mars 2011
A Reims, en battant la campagne du 2ème tour...
Cantonales dans la Marne / La tension monte à Reims
Reims (Marne) La campagne se tend, sur le terrain et dans les propos des prétendants, en perspective du second tour. Le FN n’entend pas se faire intimider.
SI au niveau national, le FN suscite une foule de commentaires aussi bien à l’UMP qu’au PS, pour des raisons relativement similaires, à Reims, c’est le FN qui parle. Et pour cause, avec Thierry Maillard en chef de file sur le IXe, les candidats Tilliole et Cornu, respectivement qualifiés sur Reims VIII et Ville-en-Tardenois, bénéficient d’un porte-parole assez volubile pour trois.
Rétrospective. « Les résultats du FN sont excellents au premier tour avec 11 candidats qualifiés sur 22, et une moyenne de 20 à 30 % des suffrages. La vague Bleu Marine est passée à la ville et à la campagne. Nous sentions venir la chose mais avons été prudents, et nous restons humbles. Ce sont les électeurs qui décident. Le fait est qu’en franchissant la barre des 20 %, c’est un seuil psychologique qui est tombé… »

Pas de fanfaronnade pour autant, Thierry Maillard déclare : « J’espère que nous aurons quelques élus à la fin de l’histoire », et souligne le délitement des mœurs civiques qui fait qu’on se retrouve aujourd’hui, en termes d’incivilité et d’agressivité, à Maison Blanche comme en Seine-St-Denis. Il fait référence à l’agression dont il a été victime, mardi, en collant des affiches, violemment pris à partie par des jeunes du quartier. « C’est de ça dont les gens ont marre, à Reims aussi, et il ne faudrait rien dire ! J’ai déposé une plainte contre ceux qui nous ont insultés et menacés de mort ».
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23:55 Publié dans Actions locales, Chances pour la France, Combat nationaliste, France, Islamisation, Leur Système, Libre opinion, Sarko-Carla Saga | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thierry maillard fn reims 9, cantonales 2011, 2ème tour favorable face à la gauche mondialiste, nationalistes vs immigrationnistes cosmopolites, combat électoral, vague bleu marine, thierry maillard, france nationaliste, politique, actualité, sarkozy, lybie, kadhafi, l'union l'ardennais, philippe le claire, jacques tillier, reims fait front!, marine le pen, offensive nationaliste, france
19 mars 2011
LA FRANCE A PEUR !...

Un week-end que le SYSTEME ne devait pas oublier, Marine LE PEN arrive en tête dans un sondage, Sarkozy est éliminé, Strauss-Kahn qualifié, petit problème il n’est pas encore candidat. Réaction immédiate, on refait le sondage, un reportage sur Strauss-Kahn afin de préparer l’opinion. Cependant le niveau des intentions de vote reste élevé. La Gauche accuse la Droite et inversement, même la CGT s’y colle, se découvrant un repère de SA.
Sublime vendredi, le Japon en tremble encore, le vent divin ne souffle plus dans la bonne direction. Nettoyage du SYSTEME, une vague de dix mètres redonne à la nature ses droits.
Godzilla est de retour. Né en 1954, fruit d’expériences nucléaires américaines, il est assez fort pour détruire TOKYO. Des Kamikazes tentent de lutter contre le monstre, sacrifice pour le peuple et pour l’Empereur, pas pour Nissan et Toyota.
Coup de théâtre, le fils de Kadhafi réclame à notre cher président le remboursement de l’argent perçu pour subventionner sa campagne présidentielle. Toute la garde rapprochée monte au front, on comprend mieux pourquoi le compagnon de MAM est resté dans ses fonctions.
Il faut influencer l’ONU, guerre totale au maître chanteur, peut-être a-t-il encore quelques révélations à faire, des actions compromettantes à mettre sur le compte de services étrangers.
Le guide de la révolution verte fut considéré longtemps comme une marionnette occidentale.
Quand à l’insurrection libyenne, elle se réclame d’Omar Al-Mokhtar et de la lutte contre la colonisation italienne de 1911 à 1931. Kadhafimé dans le rôle du proconsul fasciste. Les pièces sont sur l’échiquier de l’axe du mal, Marine LE PEN, KADHAFI, L’EMPEREUR du JAPON, tous coupables. Nicolas HULOT s’interroge, Cohn BENDIT s’énerve, Bernard Henri LEVY organise la résistance par téléphone et GUEANT déclare que les Français veulent que le France reste la France en avalant des pastilles d’iode.
La France a peur, des tremblements de terre, du Tsunami, des centrales nucléaires, du Front National, de la guerre, mais elle ne craint pas son gouvernement, sa caste politique, ses intellectuels, ses grands capitalistes, ses médias, ses banlieues qui risquent d’exploser à tout moment, ses musulmans, ses lobbies, elle a surtout peur que quelque chose bouge…
01:57 Publié dans Chances pour la France, Combat nationaliste, Communiqués, Culture bien d'chez nous !, Documents, Europe, Film, France, Grand malheur !, International, Islamisation, Jeux, Leur Système, Libre opinion, Sarko-Carla Saga | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la france a peur, sarkozy, ben ali, moubarak, kadhafi, empereur du japon, jmlp, marine le pen, méchants associés, axe du bien axe du mal, sarkozy guéant bhl cohn-bendit obama, tsunami, japon, révolution arabe, lybie, tunisie, lampedusa, front national, guerre onusienne contre kadhafi, france nationaliste front nationaliste gnr
18 mars 2011
18 mars 1978 : in Memoriam François Duprat
François Duprat, chef nationaliste, assassiné il y a 33 ans, Présent !

Il y a trente trois ans exactement, le 18 mars 1978, entre les deux tours des élections législatives, François Duprat mourrait dans l’explosion de sa voiture, piégée par une bombe de forte puissance. Il achevait un livre sur le financement des partis politiques de droite et d’extrême droite intitulé Argent et politique.
Il était membre du Bureau Politique du Front National, et considéré comme le numéro deux du mouvement présidé par Jean-Marie LE PEN.
Il était cela et il était beaucoup plus que cela. Il était aussi professeur d’histoire, et il se rendait à son collège justement quand sa voiture sauta sur la route de Caudebec-en-Caux (Seine-Maritime), le tuant net et blessant grièvement son épouse Janine, la laissant veuve et éternellement handicapée. Le coup aurait pu être encore plus meurtrier, car ce matin-là il devait aussi emmener une voisine et sa fille collégienne.
Il était plus que cela, parce qu’il était aussi écrivain, historien, journaliste, théoricien mais surtout militant nationaliste hors pair, de tous les combats depuis vingt ans, depuis sa prime adolescence.
Brièvement tenté par l’extrême gauche et le trotskisme, il se tourne rapidement vers le nationalisme français le plus ultra pour ne plus le quitter jusqu’à sa mort tragique, voici trente ans.
Dès 1958, avec JEUNE NATION, puis le PARTI NATIONALISTE des frères SIDOS, qu’il implante dans le Sud-Ouest (Bayonne, Bordeaux puis Toulouse), il se montre un militant super actif et même activiste puisqu’il sera emprisonné pour avoir développé l’OAS dans la même région dans cette période si controversée, porteuse d’espoirs immenses et très meurtrière aussi (les nationalistes y perdront plusieurs centaines de militants combattants). Duprat a fait son devoir très jeune et avec un courage immense, qui firent de lui pour les décennies suivantes un des militants les plus en vue, puis le chef de file du courant le plus radical du Mouvement national.
Son activisme jamais démenti, qui se poursuivit à La FEN (Fédération des Etudiants Nationalistes), puis à Europe Action brièvement, puis à OCCIDENT jusqu’à 1967, et enfin à ORDRE NOUVEAU, dont il fût un des dirigeants de premier ordre, culmina avec sa position au sein du FRONT NATIONAL qu’il codirigeait avec JMLP, dans une période de division des nationaux, due notamment aux manœuvres droitistes pro-giscardiennes puis pro-chiraquiennes des « frères-ennemis » du PFN de Gauchon, Hélie, Robert et quelques autres tristes sires, qui tentèrent de faire carrière à droite ensuite sans cesser d’attaquer le camp national dont ils étaient issus, et qui firent tout pour le diviser et tenter de le faire exploser, depuis. Certains rôdent encore dans nos milieux, tentent encore de petits coups bas, mais qui ne pissent finalement pas très loin, tant leur manquent à la fois le courage, le talent, la clairvoyance et surtout les convictions politiques. Les gamellards sous tous les régimes sont des gros nullards qui finissent tous dans les poubelles de l’histoire, couverts de la merde qu’ils ont mangé un peu tous les jours durant toute leur vie de cafards nuisibles irrécupérables.
Tout autre était François Duprat, qui toute sa vie fût un exemple de courage et de fidélité à ses idéaux tricolores et au rouge de son sang, rouge et noir de nos drapeaux de combat ! Son exemple est à méditer pour tous les militants patriotes et nationalistes de notre Pays, pour lequel il a tant donné.

Ses nombreux ouvrages de référence sur tous les courants politiques de l’extrême gauche à l’extrême droite, sur les fascismes et les nationalismes du monde entier, même les moins connus et les plus improbables, firent de lui une référence intellectuelle incontournable de notre camp pour plusieurs générations de militants, orphelins depuis trente ans…
Il a tracé une voie de courage et d’engagement, à travers ses positions sociales avancées, son antisionisme exemplaire, son nationalisme-révolutionnaire visionnaire, qui s’était concrétisé dans sa participation à la défunte et meilleure revue du moment Défense de l’Occident du regretté Maurice Bardèche, et dans la création par lui-même de revues comme Les Cahiers Européens Hebdos ou encore La Revue d’Histoire du Fascisme. Ceci fît sa renommée, mais surtout permît a des milliers de militants natio de se former, et de comprendre l’histoire de leur temps sous un angle anti-conformiste, peu courant à l’époque ou nous étions surtout étouffés par une énorme chape de plomb marxiste et sioniste.
Alors Honneur à toi camarade Duprat, tu as bien mérité de la Patrie ! Et tes successeurs dans le Combat Nationaliste sauront un jour prochain te rendre hommage dans une nation enfin retrouvée, restaurée et régénérée !

Pour toute une génération qui a commencé à militer à la fin des années 70, ton assassinat est marqué d’une pierre blanche, en forme de croix celtique, qui était l’emblème rassembleur des nationalistes et de tes fameux GNR (Groupes Nationalistes Révolutionnaires de base) à laquelle nous sommes restés fidèles au-delà de toutes les vicissitudes de la vie militante, dont tu restes le meilleur exemple !
C’est de ce temps-là que je garde ouverte une plaie au cœur… pourrai-je ajouter en pensant à ce jour tragique du 18 mars 1978, qui s’il te vît disparaître, fît germer une nouvelle génération de militants nationalistes, toujours fidèle à ton souvenir et à tes engagements radicaux.
« Les Dieux étaient avec nous, et nous ne le savions pas ! »
Thierry MAILLARD
Porte parole du Réseau FRANCE NATIONALISTE, militant nationaliste depuis 1978
10:35 Publié dans Combat nationaliste, Documents, Film, France, In Memoriam, Leur Système, Libre opinion, Livre, Sarko-Carla Saga | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : françois duprat, chef nationaliste, assassiné le 18 mars 1978, n°1 bis du front national, front national, gnr, groupes nationalistes révolutionnaires de base, politique, actualité, attentat anti-nationaliste, jeunesse engagée, jeune nation fen oas occident ordre nouveau front national gnr, martyr nationaliste, journaliste historien français, france nationaliste thierry maillard
16 mars 2011
Tokyo quarantacinque - Skoll
11:44 Publié dans Combat nationaliste, Documents, Film, In Memoriam, International, Libre opinion, Musique, Sarko-Carla Saga | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tokyo quarantacinque, tokyo japon, skoll, japon impérial, hiro hito, amiral tojo, nationalistes japonais, yakusa, tsunami, tremblement de terre, bombe a, nagazaki & hiroshima, drame japonais, yukio mishima
15 mars 2011
Grand Jacques, reviens ils sont devenus fous!
CGT/FN, comme un petit air d'épuration...
Retour à la période la plus noire du Maccarthysme et la plus sombre du Stalinisme, la direction de la CGT décide enfin de reprendre en main les dangereux déviationnistes
qui non contents de ne plus défiler comme des chiens de pavlov, 8 journées pour les retraites
avec rien comme résultat, se mettent à réfléchir et comprendre enfin que pour un changement
radical il faut un vote radical. Il est étonnant qu’un syndicat qui se prétend démocratique
et apolitique donne justement des consignes politiques et discriminatoires, mais avec la CGTon ne s’étonne plus de rien. Il faudra également nous expliquer comment on peut combattrela mondialisation sans protection de ses frontières et de son peuple et lutter contre le capitalisme
en lui fournissant la main d’œuvre à bas coût dont il a besoin pour dégager ses profits.
En un sens tout cela est bien kafkaïen.
LE FRONT NOIR
Inquiets du développement du populisme et préoccupés par la poussée de Marine Le Pen, présidente du Front national, dans les sondages, les syndicats ont décidé de se mobiliser. Les cinq organisations qui continuent de participer à l’intersyndicale - la CGT, la CFDT, la FSU, l’UNSA et Solidaires - se retrouvent lundi 14 mars. Elles devraient, à cette occasion, adopter un texte formalisant leur opposition à l’idée de préférence nationale que le FN n’a cessé de véhiculer.
FN : une lettre de Bernard Thibault à ses organisations. “A circonstance exceptionnelle, démarche exceptionnelle”: ainsi débute la longue lettre que Bernard Thibault, numéro un de la CGT, vient d’envoyer aux secrétaires généraux des organisations CGT.
“Je m’adresse directement [à vous] suite à l’annonce par un parti politique, le Front national, de son intention de porter plainte contre la CGT, au motif qu’un de ses candidats aux cantonales [Fabrien Engelmann] est suspendu [de la CGT] dans l’attente d’autres décisions”.
“La direction du Front national revendique au travers de la tenue de ce futur procès d’en faire ‘un événement dans la vie politique et sociale française en faisant reconnaître le FN comme un parti politique comme les autres’“, poursuit-il.
“Naturellement, la CGT saura répondre devant tout tribunal de son bon droit. Les jurisprudences européenne et française sont suffisamment fournies pour qu’il n’y ait aucun doute sur l’issue juridique de cette affaire” indique encore M. Thibault.
Bernard Thibault estime que sa centrale fait face “à une volonté délibérée d’instrumentalisation du combat syndical et donc de la CGT pour promouvoir les thèses du FN parmi les salariés”. Il affirme que l’affaire Engelmann relève d’une démarche d’entrisme du FN.“Cet entrisme dans les syndicats a clairement pour objectif d’en faire des marchepieds au service d’une stratégie politique”.
Rappelant que “la CGT est ouverte à tous les salariés quels que soient (…) leur nationalité, leurs opinions politiques, philosophiques et religieuses” et que ” la liberté de candidature aux élections politiques est elle aussi reconnue dés lors qu’elle s’exerce en respectant l’indépendance de l’organisation et que nul ne se réclame de son appartenance à la CGT pour des fins autres que l’action du syndicat”, M. Thibaut ajoute: “il n’est cependant pas envisageable qu’au nom de la liberté d’opinion dans la CGT, la CGT puisse être représentée, à quelque niveau que ce soit, par des militants revendiquant par ailleurs publiquement leur adhésion au concept de ‘préférence nationale’ qui est le socle du FN. Ceci pour une raison simple mais oh combien essentielle : cela est contraire aux principes et aux valeurs fondamentales de la CGT inscrits dans ses statuts.”
Pour Bernard Thibault, “le FN, quoi qu’il en dise, ne peut pas être considéré comme un parti politique comme les autres, par la CGT comme par l’ensemble du mouvement syndical. (…) C’est une exigence supérieure à toute autre considération, y compris la perte éventuelle de syndiqués, voire exceptionnellement la perte d’un syndicat”.
Par ailleurs, M. Thibault indique que la confédération de Montreuil a décidé d’élaborer un argumentaire détaillé pour les organisations CGT “qui reviendra sur la véritable nature du FN”. “Face à l’offensive du Front national soyons convaincus que l’opinion et le comportement de la CGT auront de l’influence sur les salariés” conclut-il, précisant que la direction apportera “autant que de besoin le soutien nécessaire” aux initiatives prises sur ce terrain.

00:02 Publié dans Actions locales, Combat nationaliste, Culture bien d'chez nous !, Documents, Grand malheur !, Leur Système, Libre opinion, Livre, Sarko-Carla Saga | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cgt, cgtfn, épuration, bernard thibault, staliniens, syndicats libres, front national, populisme, "ppf-isation" des masses, patriote social, révolutionnaire national, nationalisme rénovateur, france nationaliste, front noir, patriotes sociaux, rénovateurs





