
Témoignage anonyme d’un fonctionnaire de police de la région parisienne (Val d’Oise), militant nationaliste
La BAC (Brigade anti-criminalité) du 95 a été la semaine des émeutes placée en renfort à VILLIERS LE BEL avec les BAC 92, 94, 77, 78, 75. Visiblement le commandement de la sécurité urbaine d’Ile-de-France semble faire assez peu confiance aux fonctionnaires de police des BAC de Seine-Saint-Denis. Au premier jour des événements, dimanche 2 décembre, au soir, un individu non identifié a osé tirer avec un fusil de chasse sur des policiers en intervention, visant à plusieurs reprises les jambes des fonctionnaires porteurs des boucliers (mis première ligne). Ces derniers se sont effondrés, obligeant de fait leurs collègues de derrière de se trouver à découverts. Le tireur se trouvait à une distance de 10 mètres. Selon plusieurs policiers présents ce soir-là, le tireur aurait pu être neutralisé,... d'ailleurs plusieurs fonctionnaires ont dégainé leur arme de service, procédure classique dans un cas de légitime défense, comme c’était le cas en l’espèce.
Mais ils ont eu l'ORDRE d'un officier présent sur place de ne surtout pas faire feu. Plus soucieux de sa carrière que de la vie de ses hommes, cet officier semble avoir appliqué à la lettre les conseils du ministère de l’Intérieur calqués sur ce qui est communément appelé le « syndrome Malik Oussékine », du nom de ce manifestant décédé suite à une insuffisance rénale dans le hall d’un immeuble à Paris en décembre 1986. En tout cas la grande hiérarchie aurait félicité cet officier pour cet acte de bravoure qui consiste à mettre ses subordonnés en danger pour protéger les malfrats des cités de non-droit. Résultat : 121 fonctionnaires de police blessés en intervention sur 2 jours.
Rebelote, le lendemain, lundi 3 décembre : de nouveau des tirs au fusil de chasse accompagnés d’autres au fusil à pompe... et toujours l'ordre de ne pas tirer.
Le mardi suivant l’ensemble des effectifs d’intervention disponibles en banlieue a dû se porter sur VILLIERS LE BEL (soit quelque 1 000 fonctionnaires en tenue ou en civil dont une vingtaine du RAID, pour une agglomération de 25 000 habitants). VILLIERS LE BEL a connu une nuit « calme », « mais c'était le bordel à SARCELLES », précise notre témoin (1,5 km à vol d'oiseau).
Personne n’a reçu l’ordre de se diriger vers la ville voisine, hormis les effectifs locaux qui, toujours selon notre témoin, « se sont retrouvés poursuivis par les animaux des cités ». Le but était exclusivement médiatico-politique : VILLIERS LE BEL devait redevenir CALME... Alliot-Marie et Fillon étaient sur place et toute une tripotée de journalistes friands d’images savoureuses.
Encore une dernière anecdote, le DDSP (directeur départemental de la sécurité publique) du 95, a demandé au RAID de ne pas intervenir dans la cité avec ses fusils à pompe… Réponse du RAID : « Désolé, on est pas sous vos ordres !!! »
Et notre témoin d’ajouter sur un air dépité : « Sur les quelques contrôles de véhicules effectués cette nuit-là, pour trois Africains dans une BMW, il y avait 5 flics et 10 journalistes, pas facile, le contrôle dans ces conditions. Aucun supérieur hiérarchique n'a daigné demander aux journalistes de nous laisser bosser tranquillement et en sécurité. Normal, avec tant de journalistes, il y avait aucun risque de bavures, donc aucune emmerde pour l'officier ».
A l’évidence, la base des policiers qui a dû subir ces nuits d’émeutes urbaines, semble de plus en plus en avoir ras-le-bol d’une hiérarchie plus soucieuse d’assurer sa précieuse carrière et de complaire aux politiciens et aux médias, que de garantir un minimum de sécurité à ses subordonnés. De notre point de vue, en tant que militants nationalistes ultras, un tel ras-le-bol devra se concrétiser en actes politiques d’une manière ou d’une autre. Se plaindre des méthodes de Sarkozy, des insuffisances d’une hiérarchie de couards et d’un système qui n’a que trop duré est une chose, agir d’une manière politique en est un autre. Aux flics de choisir intelligemment ce qu’ils ont à faire, s’ils en sont capables… !