23 mai 2008

Sacré Léon !

20 mai 2008

Il y a 30 ans la Légion sautait sur Kolwezi


Kolwezi
envoyé par ladder34

05 mai 2008

Pour en finir avec Mai 68 !

 

 

3 Mai 1968, le premier cocktail Molotoy de la révolution de mai est lancé par un membre d’Occident sur un car de police. De dures bagarres ont lieu entre nationalistes et policiers. Les slogans de cette première  journée ne sont absolument pas gauchistes et reflètent l’hostilité à l’égard du régime, commune aux nationalistes comme aux gauchistes.

François DUPRAT

(Les mouvements d’extrême droite)

30 avril 2008

1er mai 1891 – 1er mai 2008 : Nous nous souvenons des morts de Fourmies !

 

 

Fourmies est une commune industrielle du Nord proche des Ardennes. En 1891, l’industrie principale est le tissage. Cette année, les ventes sont mauvaises, les salaires diminués de 20%. Face au mécontentement de leurs ouvriers, les patrons décident de se regrouper et jugent utile que les ateliers doivent rester ouverts le 1er Mai.

Les ouvriers répondent en annonçant qu’ils manifesteraient malgré tout, dans l’union, le calme et la dignité. Le préfet du Nord sur demande des patrons inquiets, fait renforcer la gendarmerie locale par quatre compagnies d’infanterie.

Dès le début de la matinée, des échauffourées se produisent entre grévistes et forces de l’ordre qui accompagnent les quelques personnes qui souhaitent travailler. L’après-midi le village a retrouvé son calme habituel, de jeunes gens parcourent les rues en agitant des rameaux fleuries d’aubépines* célébrant du même coup les anciennes fêtes païennes.

Vers 18 heures, une joyeuse bande veut  se rendre place de l’église, la troupe fait barrage. Marie Blondeau, 18 ans, menaça ironiquement les soldats de  son rameau, point d’armes dans ses mains, mais d’autres lancent quelques pierres en criant « Vive l’armée ».

Un chef de bataillon donne l’ordre d’ouvrir le feu, les Lebel se déchaînent. Marie Blondeau s’écroule scalpée par la mitraille. Drumont dira d’elle : « L’enfant du peuple avait commencé sa journée par le travail aux premiers rayons du soleil, et le soleil n’était pas encore couché qu’elle tombait sous nles balles d’enfants du peuple, comme elle… ». Le curé de Fourmies enterrera 11 autres victimes dont 2 enfants.

Le ministre de l’Intérieur, Constant, couvrit les autorités et refusa une enquête. Clémenceau devait déclarer à la chambre : « Il y a quelque part sur le pavé de Fourmies, une tâche de sang innocent qu’il faut laver à tout prix ».

*Dans l’Antiquité, l’aubépine symbolise l’innocence et la pureté virginale. On dit qu’elle est très liée aux pratiques de sorcellerie du mois de mai.                                                                                            

13 avril 2008

Demande d'exhumation des restes de Mussolini: opposition du parquet

 

AFP — Le parquet de la cour de Cassation italienne a estimé jeudi « inadmissible » la réouverture d'une enquête sur les causes de la mort de l'ancien dictateur fasciste Benito Mussolini, nécessitant l'exhumation de ses restes. Le substitut du procureur, Alfredo Montagna, a demandé aux juges de la cour de Cassation de rejeter le recours déposé par l'un de ses petits-fils, Guido Mussolini, contre la décision d'un juge de Côme (nord) de classer l'affaire en octobre 2007. Guido Mussolini, fils de Vittorio, un des enfants du Duce, avait demandé en septembre 2006 l'exhumation des restes de son grand-père pour déterminer les causes de sa mort, plus de soixante ans après son décès.

Les avocats de Guido Mussolini, cités par l'agence Ansa, jugent que l'enquête sur la mort du Duce ne peut être prescrite car « il ne s'agit pas d'un homicide ordinaire mais de la mort d'un chef d'Etat en violation de la loi sur les prisonniers de guerre ».

Ils veulent que les circonstances de sa mort soient établies par un acte judiciaire. La demande de réouverture d'une enquête a cependant été condamnée par Alessandra Mussolini, petite-fille du Duce et l'un des chefs de file de l'extrême droite italienne.

Le Duce et sa compagne Clara Petacci ont été capturés le 28 avril 1945 par un groupe de partisans [communistes, ndlr] de la 52ème brigade « Garibaldi » à Dongo, sur le lac de Côme (nord). Le dictateur en fuite était vêtu d'un uniforme allemand.

Benito Mussolini et Clara Petacci avaient été fusillés deux jours plus tard. Leurs corps et ceux de cinq autres chefs fascistes avaient été exposés en place publique à Milan, pendus par les pieds.

Mais son fantôme continue de hanter les Italiens. En septembre dernier, l'actuel chef de la diplomatie italienne Massimo d'Alema, ancien chef du gouvernement, avait déploré cette exécution, ce qui avait provoqué une polémique.

 

 

20 mars 2008

Hommage de Jean-Marie Le Pen et du Front National à François Duprat

17 mars 2008

François Duprat, chef nationaliste, assassiné il y a 30 ans, Présent !

Il y a trente ans exactement, le 18 mars 1978, entre les deux tours des élections législatives, François Duprat mourrait dans l’explosion de sa voiture, piégée par une bombe de forte puissance. Il achevait un livre sur le financement des partis politiques de droite et d’extrême droite intitulé Argent et politique.

Il était membre du Bureau Politique du Front National, et considéré comme le numéro deux du mouvement présidé par Jean-Marie LE PEN.

Il était cela et il était beaucoup plus que cela. Il était aussi professeur d’histoire, et il se rendait à son collège justement quand sa voiture sauta sur la route de Caudebec-en-Caux (Seine-Maritime), le tuant net et blessant grièvement son épouse Janine, la laissant veuve et éternellement handicapée. Le coup aurait pu être encore plus meurtrier, car ce matin-là il devait aussi emmener une voisine et sa fille collégienne.

Il était plus que cela, parce qu’il était aussi écrivain, historien, journaliste, théoricien mais surtout militant nationaliste hors pair, de tous les  combats depuis vingt ans, depuis sa prime adolescence.

Brièvement tenté par l’extrême gauche et le trotskisme, il se tourne rapidement vers le nationalisme français le plus ultra pour ne plus le quitter jusqu’à sa mort tragique, voici trente ans.

Dès 1958, avec JEUNE NATION, puis le PARTI NATIONALISTE des frères SIDOS, qu’il implante dans le Sud-Ouest (Bayonne, Bordeaux puis Toulouse), il se montre un militant super actif et même activiste puisqu’il sera emprisonné pour avoir développé l’OAS dans la même région dans cette période si controversée, porteuse d’espoirs immenses et très meurtrière aussi (les nationalistes y perdront plusieurs centaines de militants combattants). Duprat a fait son devoir très jeune et avec un courage immense, qui firent de lui pour les décennies suivantes un des militants les plus en vue, puis le chef de file du courant le plus radical du Mouvement national.

Son activisme jamais démenti, qui se poursuivit à La FEN (Fédération des Etudiants Nationalistes), puis à Europe Action brièvement, puis à OCCIDENT jusqu’à 1967, et enfin à ORDRE NOUVEAU, dont il fût un des dirigeants de premier ordre, culmina avec sa position au sein du FRONT NATIONAL qu’il codirigeait avec JMLP, dans une période de division des nationaux, due notamment aux manœuvres droitistes pro-giscardiennes puis pro-chiraquiennes des « frères-ennemis » du PFN de Gauchon, Hélie, Robert et quelques autres tristes sires, qui tentèrent de faire carrière à droite ensuite sans cesser d’attaquer le camp national dont ils étaient issus, et qui firent tout pour le diviser et tenter de le faire exploser, depuis. Certains rôdent encore dans nos milieux, tentent encore de petits coups bas, mais qui ne pissent finalement pas très loin, tant leur manquent à la fois le courage, le talent, la clairvoyance et surtout les convictions politiques. Les gamellards sous tous les régimes sont des gros nullards qui finissent tous dans les poubelles de l’histoire, couverts de la merde qu’ils ont mangé un peu tous les jours durant toute leur vie de cafards nuisibles irrécupérables.

Tout autre était François Duprat, qui toute sa vie fût un exemple de courage et de fidélité à ses idéaux tricolores et au rouge de son sang, rouge et noir de nos drapeaux de combat ! Son exemple est à méditer pour tous les militants patriotes et nationalistes de notre Pays, pour lequel il a tant donné.

 

 

Ses nombreux ouvrages de référence sur tous les courants politiques de l’extrême gauche à l’extrême droite, sur les fascismes et les nationalismes du monde entier, même les moins connus et les plus improbables, firent de lui une référence intellectuelle incontournable de notre camp pour plusieurs générations de militants, orphelins depuis trente ans…

Il a tracé une voie de courage et d’engagement, à travers ses positions sociales avancées, son antisionisme exemplaire, son nationalisme-révolutionnaire visionnaire, qui s’était concrétisé dans sa participation à la défunte et meilleure revue du moment Défense de l’Occident  du regretté Maurice Bardèche, et dans la création par lui-même de revues comme Les Cahiers Européens Hebdos ou encore La Revue d’Histoire du Fascisme. Ceci fît sa renommée, mais surtout permît a des milliers de militants natio de se former, et de comprendre l’histoire de leur temps sous un angle anti-conformiste, peu courant à l’époque ou nous étions surtout étouffés par une énorme chape de plomb marxiste et sioniste.

Alors Honneur à toi camarade Duprat, tu as bien mérité de la Patrie  ! Et tes successeurs dans le Combat Nationaliste sauront un jour prochain te rendre hommage dans une nation enfin retrouvée, restaurée et régénérée !

Pour toute une génération qui a commencé à militer à la fin des années 70, ton assassinat est marqué d’une pierre blanche, en forme de croix celtique, qui était l’emblème rassembleur des nationalistes et de tes fameux GNR (Groupes Nationalistes Révolutionnaires de base) à laquelle nous sommes restés fidèles au-delà de toutes les vicissitudes de la vie militante, dont tu restes le meilleur exemple !

C’est de ce temps-là que je garde ouverte une plaie au cœur… pourrai-je ajouter en pensant à ce jour tragique du 18 mars 1978, qui s’il te vît disparaître, fît germer une nouvelle génération de militants nationalistes, toujours fidèle à ton souvenir et à tes engagements radicaux.

« Les Dieux étaient avec nous, et nous ne le savions pas ! »

Thierry MAILLARD

Porte parole du Réseau FRANCE NATIONALISTE, militant depuis 1978

Demain, mardi 18 mars 2008, à 12 h 30, Jean-Marie LE PEN et une délégation du Front National seront au cimetière Montmartre pour rendre hommage à François DUPRAT, historien et membre du Bureau politique du FN assassiné en 1978.

Une délégation du Réseau France NATIONALISTE / FRONT NATIONALISTE sera présente aux côtés de Jean-Marie LE PEN et des militants du Front National pour rendre hommage à cette figure inoubliable du nationalisme français, qu’était notre camarade François DUPRAT.

R.I.P.  Honneur à nos morts tombés au combat ! 

François DUPRAT : Présent !

11 mars 2008

Il y a 30 ans, François Duprat était assassiné

14 février 2008

10 février 1977 : Comment le sacrifice d’Alain Escoffier fut l’occasion pour les solidaristes de rallier le FN

par Laurent Latruwe

622ed6e35a1db7e476ba703a9007eb81.jpgAvec l’annonce officielle de la venue en France du Président soviétique Leonid Brejnev au printemps, le premier semestre 1977 connaît une recrudescence d’activisme anti-communiste et anti-soviétique rarement égalé depuis les années 1960. Le contexte de la Guerre froide et, surtout, l’attitude pour le moins complaisante du Président Valéry Giscard d’Estaing à l’encontre des totalitarismes rouges, avaient exaspéré les passions à la droite de la droite. Les forces de la droite nationale et nationaliste étaient alors éparses et ne représentaient quasiment rien sur l’échiquier politique. Les plus virulents agissaient au sein de petits groupes très militants. Il n’existait aucune cohésion entre ces forces politiques très réduites, et encore moins de projet d’union que cela soit pour des élections, des campagnes politiques thématiques ou une stratégie d’ensemble. Ce n’était pas faute d’avoir tenté : En novembre 1976, à l’occasion d’une élection partielle dans le Ve arrondissement de Paris, le GAJ s’aventura à lancer une candidature à côté du FN. Pour les Municipales du 20 mars 77, des candidats Jeune Garde/GAJ prévoyaient de faire liste commune avec le FN. Mais d’une manière générale, beaucoup se faisaient quasi ouvertement la guerre, sous l’œil souvent goguenard des groupes gauchistes, alors très développés, et des observateurs attentifs du régime giscardien en place.

Un activisme anticommuniste épars

682f34630e4567826de7c87014ce0d9d.jpgA la pointe de ce regain d’activisme, les réseaux liés au Parti des Forces nouvelles (PFN) et les solidaristes étaient de loin les plus actifs, essentiellement dans la provocation pour les premiers. Sur la région parisienne, cette agitation anticommuniste se focalisait de plus en plus sur des bases comme la faculté de droit de la rue d’Assas où GUD (Groupe union défense, lié au PFN) et GAJ (Groupe action jeunesse, lié aux solidaristes) rivalisaient. Si le PFN, principal rival du Front national de Jean-Marie Le Pen, entendait être la base d’un véritable mouvement d’opinion nationale, il ne rechignait pas à recourir fréquemment à des méthodes activistes dignes de mouvements comme Jeune Nation dans les années 1950-1960, Occident ou, plus récemment, Ordre Nouveau. Les solidaristes, quant à eux, plus ou moins issus historiquement du Mouvement Jeune Révolution (composé d’anciens de l’OAS-Métro Jeunes), se donnaient comme créneau politique la lutte sans merci contre le collectivisme étatique à l’Est et ses têtes de pont en Occident. C’est dans cette optique que plusieurs militants solidaristes allèrent même en URSS distribuer des tracts anticommunistes, en solidarité avec les mouvements clandestins locaux (comme le NTS), se faisant interpeller par les autorités et expulser manu militari du pays. La mouvance solidariste, composée de comités et groupes divers, apparaissait comme un élément hétérogène, difficilement classable dans le champ politique. Cela était dû à la fois à son originalité, à une ligne politique extrêmement fluctuante, aux différentes mentalités de ses cadres. Le Mouvement Solidariste Français, dont le bureau politique était composé de Gérard Bouchet, Alain Boinet, Philippe Lemoult, François Martin, Pierre Malaucène et Jean-Pierre Stirbois, était sans doute le plus influent sur la région parisienne.

Une torche humaine

d0072f0b2a58e46f4abde9cecce031a3.jpgLe vendredi 10 février, une énième manifestation devant l’agence de l’Aeroflot à Paris sur les Champs-Élysées, lieu symbolique de la respectabilité du soviétisme en France, fut annoncée. En présence d’un service d’ordre conséquent de la Préfecture de police, quelques centaines de militants se rassemblèrent dans le calme, peu avant 15 heures. Tout à coup, au milieu des slogans hostiles à l’URSS et au communisme en général, un homme jeune, en veste et cravate, se détacha de la foule. Il portait à la main deux jerricans en plastique jeune. Profitant de l’inattention de la police, il entra dans le hall de l’agence soviétique, eut juste le temps de s’asperger de l’essence contenu dans les jerricans, lança un dernier « communistes assassins », puis s’enflamma. Aussitôt, quelques employés russes de l’Aeroflot tentèrent de le secourir en utilisant un extincteur à poudre, en vain. Gravement brûlé, il fut transporté d’urgence à l’hôpital Foch de Suresnes, où il décéda de ses blessures[1].

Très vite la presse se pencha sur la personnalité du jeune homme, d’une façon plus ou moins honnête : Ancien d’Occident, Alain Escoffier était à 27 ans le trésorier du Comité de liaison d’action nationaliste, le CLAN. Ce père d’une petite fille de 6 ans habitait un deux-pièces au neuvième étage de la Résidence des Acacias, un modeste HLM de Villejuif[2]. Passionné de musique et de photo, Alain Escoffier avait des convictions nationalistes bien ancrées, sans doute en raison du fait que son père, très engagé dans le combat en faveur de l’Algérie française, fut interné avec tant d’autres patriotes au camp de Saint-Maurice-l’Ardoise par le régime gaulliste, et que son ex femme était une réfugiée de RDA.

Bien que séparé de son épouse depuis deux ans, et ayant mis un certain temps à accuser le coup, Escoffier était loin d’être un déséquilibré comme l’on souligné d’infâmes articles parus dans Libération[3] et, bien entendu, L’Humanité. « Si je dois mourir, ce sera pour mes idées », aurait-il confié à sa femme quelques temps plus tôt, laissant dans le souvenir de ses proches l’image d’un homme décidé et politique, à l’inverse du désespéré dépeint dans les feuilles gauchistes. Interrogé par Rivarol, son beau-père fut particulièrement clair sur ses motivations : « Alain s’est suicidé pour des raisons politiques, que son ex-femme partageait d’ailleurs. C’était un croyant et un mystique. Il n’avait pas le sentiment, en s’immolant comme les martyrs, de s’éloigner de Dieu »[4]. Le jour où il avait décidé de s’immoler, il s’était rendu préalablement, comme d’habitude, dans la banque où il travaillait.

Face à la veulerie du régime giscardien

Rapidement l’affaire prit une dimension politique : ce furent les solidaristes, derrière Michel Collinot notamment, qui prirent en main un comité de soutien en charge de donner un retentissement politique d’importance au geste d’Escoffier. Les militants de la mouvance du PFN se joignirent immédiatement à cette initiative. Le dimanche 19 février, Mgr. Ducaud-Bourget lança de la paroisse catholique traditionaliste, Salle Wagram, un vibrant appel à rejoindre ce comité. La plupart des associations de réfugiés des pays de l’Est suivirent. Progressivement, le Comité Alain Escoffier, domicilié au 133 de l’Avenue Charles De Gaulle à Neuilly-sur-Seine, prenait forme. Alain de Sancy, Président de l’Association des « Anciens » du camp d’internement de Saint-Maurice-l’Ardoise s’y joignit. Très vite, une agence de presse fut mise en place sous la responsabilité de Michel Collinot, spécialisée dans les informations en provenance du Bloc de l’Est, de même qu’un centre de documentation et de propagande anticommuniste, le Centre d’information et de propagande pour la liberté (CIPL). Des comités Alain Escoffier voyaient le jour en province : Lyon, Marseille, Fréjus, Annecy, Saint-Etienne, Montpellier, Aix-en-Provence, Rouen, etc. Plus de 4 000 signatures furent collectées afin de soutenir l’élan de solidarité envers le geste terrible du jeune homme et de ce que cela pouvait représenter pour la mouvance nationaliste et le combat anticommuniste.

Le lundi suivant, 13 février 1977, une trentaine d’entre eux, toutes tendances confondues, voulurent rendre hommage à leur camarade décédé. Brandissant une pancarte sur laquelle son nom était accolé à celui de Jan Palach, ils déposèrent une gerbe avant de s’engouffrer dans les locaux de l’agence soviétique. Barricadant la porte d’entrée avec des chaînes, ils eurent juste le temps d’asperger une partie du mobilier et surtout le portrait de Lénine, avant que la police n’intervienne brutalement en passant par une porte arrière. Devant les yeux effarés des petites hôtesses blondes qui s’étaient réfugiées dans un coin, les CRS chargèrent les nationalistes français en plein cœur de l’agence. Refoulés contre les baies vitrées qui se brisèrent sous la pression, trois d’entre eux furent blessés. Après les avoir tabassés copieusement, les policiers en embarquèrent treize sans ménagement.

Les ordres de la Préfecture de police étaient sans détours à l’encontre des militants nationalistes : Moscou s’était plaint officiellement à Paris suite à la manifestation du 10 février. Le ministre de l’Intérieur, convoqué à Matignon, avait reçu des consignes strictes. Il n’était pas question pour le Gouvernement de Raymond Barre de faire mauvaise figure vis-à-vis de Brejnev. D’autant que le ministre soviétique des Affaires étrangères venait de faire savoir à Paris qu’il entendait que « les coupables soient sévèrement punis » et que toutes les mesures soient prises « pour garantir que des faits semblables ne se reproduisent pas à l’avenir »[5]. Cette réaction faisait suite à celle du directeur de l’Aeroflot qui avait évoqué un véritable « acte d’agression » et tenté d’accréditer l’idée qu’Escoffier faisait partie d’un groupe de plusieurs personnes qui l’avaient presque poussé à l’acte avant de s’enfuir. A croire que Moscou dictait ses ordres à Paris. La version mensongère des faits et la campagne de dénigrement du jeune homme et de la mouvance nationaliste en générale, furent bien évidemment relayées par L’Humanité[6]. Durant tout le printemps 1977, mêmes les fleurs hâtivement déposées devant l’Aeroflot furent promptement enlevées par les fonctionnaires de la Préfecture.

Renvoyés devant la Justice , trois militants furent bientôt écroués à Fresnes et Fleury-Mérogis : Alain Boinet, Jean-Claude Nourry et Laurent Maréchaux. Il fallait se venger de ces jeunes gens qui avaient osé mettre dans l’embarras le Gouvernement à la veille de la visite du Premier soviétique à Paris. Boinet et Maréchaux seront libérés après un mois d’incarcération.

Cela n’arrêta pas les coups de main et autres manifestations : le 28 février, une petite réunion à la faculté d’Assas était organisée par le GUD. Roland Gaucher, membre du bureau politique du PFN, et Michel Collinot encouragèrent la mobilisation. Lors de la réunion publique du Front national à la Mutualité , le 9 mars, à l’occasion des Municipales sur Paris, on évoqua le sacrifice d’Escoffier. Puis la soirée du 20 mars fut l’occasion de rameuter du monde devant l’Aeroflot, placé sous bonne garde. Quelque 2 000 personnes, à l’appel du CIPL, avec en tête Jean-Marie Le Pen et Michel Collinot, tinrent tête à plus d’un millier de CRS et de gendarmes mobiles. Des drapeaux nationaux et autres banderoles « Nous sommes tous des dissidents » et « Brejnev – Giscard complices » ornaient le groupe de manifestants avec quelques drapeaux frappés d’un trident solidariste semblable à celui du NTS. Les forces de l’ordre finirent par charger, sans ménagement, faisant une quarantaine d’arrestations et transformant la manifestation en course-poursuite dans les rues de Paris[7]. Dans la foulée, un petit groupe d’une cinquantaine de manifestants fit irruption Salle Wagram, vers 22 heures, où se tenait une réunion débat avec Michel d’Ornano, Michel Monod et Michel Rocard, en présence de la chaîne de télévision Antenne 2. L’émotion fut vive et les invités indésirables rapidement repoussés vers la Place des Ternes par la police.

Le « Jan Palach français »

 Rivarol relaya une « lettre ouverte à la presse » qui rassemblait la plupart des signatures les plus prestigieuses du mouvement national et nombre d’intellectuels de droite engagés : Christian Baeckroot, Francis Bergeron, Me Eric Delcroix, le caricaturiste Pierre Pinatel, l’écrivain Jean Raspail, le capitaine Pierre Sergent, le journaliste Roland Gaucher, Pierre Sidos, Me Tixier-Vignancour, Pascal Gauchon, Président du PFN, le journaliste Georges Daix de L’Aurore, Léon Héritier, le maire de Fréjus, les monarchistes Pierre Juhel et Michel Fromentoux, etc. Pour l’hebdomadaire nationaliste, Escoffier était le « Jan Palach français ».

Ce document émouvant rappelait qu’« Alain Escoffier faisait partie de cette génération qui avait vingt an en 1968 et qui fut au moins autant marquée par la contestation d’août 1968 à Prague que celle de mai à Paris » et confirmait le sens politique de son geste : « son acte courageux [avait] eu pour but de dénoncer le non-respect flagrant des Accords d’Helsinki »[8].

Le sacrifice du jeune homme est à classer au nombre des victimes des « torches vivantes », ces jeunes gens qui s’immolèrent publiquement pour protester contre la politique américaine au Viêt-Nam, ou contre l’intervention soviétique au printemps 1968 en Tchécoslovaquie. A Prague, le premier à avoir choisi ce destin de victime-symbole, fut Jan Palach, étudiant tchèque de 20 ans qui s’immola le 16 janvier 1969 ; sa mort provoquant de vastes manifestations en Europe occidentale. En février de la même année, Jan Zajic, un autre étudiant, l’imita ; puis ce fut au tour d’Evzen Plocek, début avril, de se suicider par le feu à Jihlava en Moravie. Mais pour Alain Escoffier, obscur petit militant de la cause nationaliste, il n’y eut aucune manifestation spontanée d’un demi-million de personnes comme en mars 1969 en Tchécoslovaquie, manifestation rapidement réprimée au demeurant. Juste quelques articles dans la presse nationale et d’émouvantes obsèques.

Le ralliement solidariste à la flamme tricolore

982012715bbc72858b8e673f64df4ffd.jpgCes dernières se déroulèrent le 23 février en l’église Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts, boulevard Ledru-Rollin. La messe dite par l’abbé Bayot fut suivie par une cérémonie au cimetière accompagnée des chœurs russes de l’église de la rue Daru.

Cette cérémonie funèbre fut l’occasion d’unir momentanément tout ce que les forces nationales et nationalistes pouvaient alors compter : des catholiques traditionalistes de Monseigneur Lefebvre, aux nationaux (PFN, FN) en passant par les solidaristes, les monarchistes toutes tendances confondues, jusqu’à L’œuvre française de Pierre Sidos.

Au sortir de la messe, Jean-Marie Le Pen et Jean-Pierre Stirbois se croisèrent, se saluèrent et échangèrent quelques mots. Ce modeste contact devait prendre une dimension historique sans précédent dans l’histoire de la Droite nationale depuis 1945. En septembre suivant, Jean-Pierre Stirbois et nombre de ses amis rejoindront le Front national.

Bien entendu, Stirbois, Collinot et tous ceux qui les suivirent dans un même élan au sein du Front national, ne prétendaient pas représenter l’ensemble de la mouvance solidariste. Ce ralliement faisait indirectement suite à la période 1974-1975 qui avait vu se consommer la rupture entre les activistes du GAJ (Jean-Gilles Malliarakis, Patrice Janeau, François-Bernard Huyghe, Michel Bodin) et les solidaristes qualifiés d’historiques (car issus du Mouvement Jeune Révolution et du Mouvement solidariste français - MSF). Certains relancèrent le MSF (Philippe Lemoult), d'autres fondèrent le Groupe action solidariste (GAS) avec Les Cahiers du Solidarisme (Alain Boinet, Laurent Maréchaux). Beaucoup resteront à l’écart du FN pendant des années encore et certains ne s’en approcheront jamais[9].

Mais le fait est là : une partie non négligeable de cette mouvance allait apporter un élan neuf au parti de Jean-Marie Le Pen, un potentiel considérable, des cadres plus jeunes, bien formés politiquement tout en étant rompus à l’activisme de rue. Patron d’une petite imprimerie, Stirbois apportait en plus à Le Pen des capacités logistiques essentielles pour le combat national. Epoux de Marie-France Charles, une ancienne militante d’Occident-Nanterre issue d’une famille authentiquement gaulliste, Jean-Pierre Stirbois offrira une implantation politique durable au FN dans la région de Dreux et en fera une base de la reconquête nationale nécessaire pour que vive la France. Promu secrétaire général du FN en 1981, il sera en 1983 l’incontournable maître d’oeuvre du « coup de tonnerre de Dreux » avec 16 % des suffrages exprimés et une alliance sans précédent avec la droite RPR-UDF aux Municipales.

La mise en place d’une authentique Droite nationale et populaire durable et incontournable dans notre pays était assurée.

La mort tragique d’Alain Escoffier resta un temps dans la mémoire nationaliste. En 1987, pour les dix années de son sacrifice, le Front national de la jeunesse derrière Martial Bild rassembla la mouvance nationaliste parisienne sur les lieux du drame. Dans cette manifestation de 300 personnes devant l’agence de l’Aeroflot sur les Champs-Elysées, on reconnaissait en bonne place les députés FN Jean-Pierre Stirbois et Jean-François Jalkh.


[1] Le Monde, 12 février 1977.

[2] Le Figaro, 11 février 1977.

[3] Notamment l’article infâme de Frédéric Laurent (cité par F ; Bergeron & Ph. Vilgier, De Le Pen à Le Pen. Une histoire des nationaux et des nationalistes sous la Ve République , Paris, Ed. Dominique Martin-Morin, pp. 164-165).

[4] L’Aurore, 15 février 1977 & Rivarol, 17 février 1977.

[5] Rivarol, 24 février & 3 mars 1977.

[6] L’Humanité, 23 février 1977.

[7] Rivarol, 24 mars 1977.

[8] Idem.

[9] Pour les lecteurs intéressés par la mouvance solidariste, un site Internet très utile est à signaler à cette adresse : http://identites.nationales.free.fr/Dos/Dossiers/MSF.htm

27 janvier 2008

Près de 2 000 personnes aux obsèques du trotskiste Pierre Lambert

 

Avec l’AFP - Près de deux mille personnes ont assisté vendredi au crématorium du cimetière du Père Lachaise à Paris aux obsèques du « camarade » Pierre Lambert, concluant leur dernier hommage au trotskiste français par l'Internationale entonnée le poing levé, a constaté un journaliste de l'AFP.
Dans un silence de plomb et sous le soleil hivernal, répondant aux instructions strictes du Parti des Travailleurs (PT), le cortège a suivi le corps jusqu'au crématorium où la famille, des proches, d'anciens collègues et des responsables de Force ouvrière (FO) se sont recueillis dans l'intimité.

Lambertobsquesafp25012008Le secrétaire général du syndicat Jean-Claude Mailly ainsi que ses deux prédécesseurs André Bergeron et Marc Blondel, le secrétaire national du PT Daniel Gluckstein, les socialistes Jean-Luc Mélenchon et Gérard Filoche et le chanteur Francis Lalanne étaient présents.

Devant la foule aux cheveux gris, le trotskiste de la première heure François de Massot a loué le combat du « camarade Pierrot », ancien résistant, contre « tous ceux qui pensaient que le stalinisme réaliserait le socialisme ».

« Combien de fois avons-nous vu notre camarade s'enthousiasmer sur une petite phrase d'une employée anonyme où l'on pouvait retrouver toute la volonté de la classe ouvrière ? », s'est exclamé Daniel Gluckstein dans son oraison funèbre. Le cofondateur de l'Organisation communiste internationaliste (OCI), dans les rangs desquels évolua l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, incarnait « corporellement » et « politiquement le fil de continuité » entre le mouvement ouvrier d'aujourd'hui, la IVe  Internationale et la Commune de Paris, a affirmé M. Gluckstein.

Pierre Lambert, de son vrai nom Boussel, « n'était pas d'un tempérament à faire les choses à moitié », a-t-il commenté, à propos de cet ancien syndicaliste de FO qui avait fait ses débuts à la CGT. « Nous avons appris de lui la liberté d'expression », a-t-il aussi remarqué.

Plusieurs membres du PT avaient cependant reçu comme consigne de ne pas parler à la presse.

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