27 mai 2008

Des chrétiens très spéciaux

 

par Christian Bouchet

Le 20 mai dernier, Le Figaro, le plus français des journaux américains, publiait un article titré « Une offensive antichrétienne en Algérie ». Après nous avoir précisé qu’en Algérie, « les nouveaux convertis doivent vivre leur foi dans la clandestinité », un journaliste y relatait un « procès surréaliste » contre une chrétienne qui « interpellée en possession de bibles et d’évangiles, est accusée de pratiquer un culte non musulman, sans autorisation».

L’article, mis en ligne sur le site du quotidien, a été très rapidement repris sur de nombreux blogs mongolo-identitaires et diffusé par de nombreuses mailing list. Assorti à chaque fois, bien entendu, de commentaires sur le sort terrible des chrétiens en terre d’islam.

Deux courts passages de l’article semblent avoir échappé, volontairement ou non, à tout le monde : 1, c’est une « église protestante » qui assurait la défense de l’inculpée et 2, le ministre algérien des Affaires religieuses a déclaré au sujet de ce procès : «La communauté chrétienne jouit de tous les droits ; mais nous luttons contre les sectes

Pour ceux qui savent lire, l’inculpée n’était donc pas une « chrétienne arabe », elle n’appartenait pas à une des ces confessions traditionnelles qui cohabitent depuis longtemps avec l’islam. Non il s’agissait d’une évangéliste, d’un membre d’une de ces sectes made in USA qui développent depuis quelques années une propagande agressive dans les pays du tiers monde et qui y causent nombre de problèmes tant politiques que théologiques, au point qu’elles sont régulièrement dénoncées par les autorités locales des confessions chrétiennes traditionnelles (1).

Le catholique américain Karl Keating, dans Une religion made in USA (2) a, quand à lui, défini clairement le problème : « C’est essentiellement aux État-Unis, amour de la liberté et de la libre entreprise aidant, que les groupes appartenant à cette mouvance « évangélique » vont, d’une part, se multiplier à l’infini et, d’autre part, imprégner profondément la société américaine et, parfois, s’identifier à elle. (…) Or, aujourd’hui, le nouvel Empire, répandant jusqu’aux extrémités de la terre la civilisation de Coca Cola et de Microsoft, diffuse aussi sa religion, qu’on le veuille ou non. Que l’on en soit conscient ou pas, le fait est patent. Quel que soit le nom qu’on lui donne : « évangélisme », christianisme « vrai » ou « authentique », « fondamentalisme protestant », etc., (…) elle étend aujourd’hui son influence à grande vitesse dans les banlieues de Kiev, de Shanghai ou de Delhi, après avoir établi des têtes de pont en Amérique latine et en Afrique. Il n’est pas déraisonnable d’imaginer qu’elle devienne la « nov-religion » du siècle commençant. »

Si ce christianisme particulier, qui n’a rien a voir avec la religion de nos père, et dont les dirigeants d’ailleurs haïssent nos croyances ancestrales (3) se trouve en conflit avec l’islam, en quoi cela nous concerne-t-il ? Par qu’elle aberration idéologique devrions nous nous en sentir solidaire ? … A moins que ceux qui nous intime l’ordre de l’être ne le fassent pas pour des raisons religieuses mais parce qu’ils sont tout simplement de ces « croisés de l’Oncle Sam » que mon ami Tahir de la Nive a si brillamment dénoncé !

Cela expliquerait d’ailleurs leurs indignations sélectives.

Qui les a entendu s’indigner de la persécution des catholiques par les bouddhistes à Ceylan (4) ?

Qui les a vu faire de même pour la persécution des catholiques par les hindouistes en Inde (5) ?

Qui les a entendu dénoncer ce que le quotidien israélien Maariv rapportait le mardi 20 mai, avec photos à l’appui, à savoir l’autodafé public d’exemplaires du Nouveau Testament organisé par l’adjoint au maire de Or Yehuda, une petite ville de 32 000 habitants située à 7 km de Tel Aviv ?

Il n’est pas bien sorcier de comprendre que tous les chrétiens n’ont pas la même valeur aux yeux des mongolo-identitaires. Ceux dont la persécution permet de donner du corps à la thèse du choc des civilisations sont les bienvenus quel que soit leur confession. Ceux dont les persécutions montrent l’inanité de celle-ci, par contre, sont abandonnés à leur triste sort, même s’il s’agit de bons catholiques.

1 - Ainsi dans un article publié la fin du mois d’avril dernier, le quotidien L’Orient-Le Jour, indiquait que « les chrétiens de Jordanie se disent inquiets du prosélytisme de certaines communautés dirigées par des évangélistes étrangers et réclament la fermeture de ces Églises qui, selon eux, sèment la zizanie dans le pays. (…) Les responsables de la minorité chrétienne de Jordanie ont donc salué la décision du gouvernement d’expulser le mois dernier des missionnaires étrangers, accusés de prosélytisme sous couvert d’activités caritatives. Pour Fahed Kheitan, lui aussi chrétien, éditorialiste au quotidien al-Arab al-Yom (indépendant), ces missionnaires « s’attaquent aux fondements des Églises traditionnelles jordaniennes. (…) Depuis des années nous demandons la fermeture de telles “boutiques” chrétiennes, qui n’ont rien à voir avec le christianisme et la tolérance », explique M. Kawwas qui salue le geste gouvernemental, même s’il est « tardif ». (…) En février, le Conseil des Églises de Jordanie (CEJ), regroupant toutes les communautés chrétiennes, avait accusé 40 sectes de « semer la zizanie au sein de la communauté chrétienne et entre chrétiens et musulmans ». « Ces groupes tirent profit de la pauvreté, divisent les chrétiens et, plus grave encore, diffusent des idées étrangères au christianisme », avait regretté le patriarche latin de Jérusalem Michel Sabbah, cité par l’agence officielle Petra. « Nous rejetons leurs positions politiques non avouées et nous ne voulons pas que l’image du christianisme soit déformée », avait-il poursuivi .

2 - Tempora, 2008.

3 - Ainsi John Hagee, un évangéliste fort puissant aux USA n’a pas hésité à déclarer il y a peu que l’Eglise catholique est « La putain de Babylone » et que « des Croisades à la Shoah tout en passant par l’Inquisition », l’Église catholique est « cause de tous les malheurs du Monde en général et du peuple juif en particulier ».

4 - Pourtant dénoncée 10 avril dernier, par la Conférence des évêques catholiques du Sri Lanka

5 - Que Sandro Magister, relate dans un reportage publié dans le mensuel Mondo e Missione de l’Institut pontifical des missions étrangères de mai 2008

23 avril 2008

Bon voyage et bon vent !

 

Source : no-media

Il n’est pas plus mal que Jean-François Touzé, accompagné d’autres personnages tout aussi indésirables et improductifs, quittent le Front national de manière à ce qu’au sein du Mouvement on ne se retrouve plus désormais qu’entre nationalistes. On a en effet trop longtemps permis à des individus atteints de pulsions monomaniaques d’origine reptilienne de coloniser un mouvement dont l’objectif est de proposer un programme élaboré qui ne se limite pas au simple contenu de la colonne fait divers des différents journaux.

Monsieur Touzé devrait pourtant savoir que les nationalistes ne sont ni de droite, ni de gauche mais essentiellement Français. Dans cette optique, le Front national n’a pas pour vocation d’être une courroie de transmission au profit de l’UMP ou du mouvement pour la France. Les nationalistes Français ne peuvent eux se satisfaire de la victoire du sieur Berlusconi, escroc notoire, comme le fait le sieur Touzé. Si les nationaux italiens alliés à Forza Italia ont des raisons, pour l’instant, d’être satisfaits des résultats, il est bon de rappeler qu’il s’agit pour une partie d’entre eux davantage de séparatistes que de régionalistes, condamnés assez rapidement à être avalés par la structure accueillante et ainsi à disparaître.

On ne voit pas non plus ce qu’apporterait de neuf un nouveau parti de droite quand bien même issu des travaux subtils du grand laboratoire d’idées qu’est Convergences nationales. En effet, rien ne distingue vraiment les idées de monsieur Touzé de celle du vicomte de Villiers : même apologie du libéralisme ambiant pourtant grand importateur d’immigrés, même arabophobie, même islamophobie. Le créneau est donc déjà occupé depuis longtemps et les quelques dérisoires succès du MPF ne sont que la conséquence de l’aumône de l’UMP.

Lorsqu’on fait de la politique, il est des principes de base que l’on doit connaître. A savoir que le libéralisme qui obéit à une logique qui est exclusivement celle du profit n’a pas de frontière. C’est ainsi que les entreprises dites françaises cassent l’emploi national pour s’installer à l’étranger. Les Français ne l’ignorent pas mais à l’évidence monsieur Touzé si. Les entreprises font appel à de la main d’œuvre étrangère dès lors où elles en ont envie et ce afin d’augmenter leurs marges. Il est inutile de prétendre, afin d’éviter ces dérives, que l’on peut les sanctionner puisque ce serait immédiatement les voir s’expatrier.

Monsieur Touzé l’ignore ou ment

L’apologie du capitalisme, la haine de l’arabe et l’islamophobie claironnées à grands renforts médiatiques nous viennent d’ailleurs d’outre atlantique où l’on trouve le grand pays du melting pot. Comme si cela était un hasard ! Cela n’empêche pas les Etats Unis d’avoir d’excellents contacts avec l’Arabie Saoudite, pays pratiquant la charia, et ce pour des raisons simplement … financières. En revanche et sans chercher à faire l’apologie du communisme, force est de constater que dans les anciens pays de l’Est les ethnies originelles furent préservées : il ne s’agit pas d’une approbation d’un système mais d’un simple constat irréfutable. Pourquoi dès lors se faire l’apologiste d’un système sociétal des plus colorés lorsqu’on fait une fixation sur les allogènes ? A nouveau, c’est ne pas savoir ou mentir.

Qui n’a pas compris que système libéral est un économisme enlevant toute marge de manœuvre aux différents gouvernements ? Comment peut-on encore ignorer aujourd’hui que les grands groupes apatrides s’entendent sur une absence de concurrence afin de majorer leurs profits entraînant la baisse de pouvoir d’achat ? Qui méconnaît les ateliers clandestins avec des travailleurs du même nom ou les entreprises du bâtiment embauchant des sans papiers ? Qui a intérêt en France à faire venir des étrangers si ce n’est le monde économique ?

On peut également être surpris de voir monsieur Touzé se faire le relayeur de la désinformation de la presse du Système en parlant d’une défaite du Front national lors des dernières municipales. En effet, proportionnellement au nombre de candidats, le Front national a obtenu davantage de voix que lors de l’élection précédente.

En fait, force est de constater que l’espoir d’obtenir quelques postes et ce quitte à renier l’éthique nationaliste est la principale motivation poussant au départ du Front national.

Philippe Delbauvre

06 avril 2008

Boulogne ou Hénin-Beaumont

 

 

par Thomas Tribout de voxnr.com

Un certain nationalisme a tremblé sur ses bases la semaine passée… Tout d’abord, par la nouvelle condamnation du charismatique africaniste Kémi Séba : 2 mois ferme, 4 de plus au-dessus de la tête. Condamnation inique fruit d’un plaidoyer ubuesque de madame la procureur, le dossier était vide, l’enquête des Renseignement Généraux ne dépassant pas mars 2007… Le fantasme qui voulait que la liberté d’expression aille croissante avec la mélanine (la substance qui fonce la peau) a vécu… Un mal pensant noir a aussi peu de droit qu’un déviant blanc. Le Système ayant tendance à infantiliser les populations issues de l’immigration : la sévérité ici est à la hauteur de la permissivité ailleurs… Une autre procédure pour reconstitution de ligue dissoute existe, elle concerne les seules jeunesses identitaires et les peines réclamées sont loin d’être aussi « exemplaires ». Les communiqués de soutien de la Ligue de Défense Juive, qui s’entraîne vraisemblablement (à quoi on se demande ?) dans des locaux du ministère de l’Intérieur, y sont-ils pour quelque chose ?

L’extrême droite justement puisque la bêtise de la banderole Boulogne vient ensuite… Ce que notre cher Système adore dans le mouvement national, c’est son caractère purement pavlovien : « Le MRAP a dit donc le MRAP a tort » (1). Si SOS-racisme s’attaquait à Dutroux et Fourniret, nul doute que nos fafs iraient tresser des couronnes aux pointeurs… Entendons nous bien : la mayonnaise montée avec cette affaire est indigne, on feint de découvrir un classique de la misère mentale de certains « ultras ». Quand la justice s’en mêle, le ridicule est là : le Figaro rapporte fièrement la trouvaille de la flicaille : « des traces de peintures » (2) au local du KOP Boulogne... Mais le fond ne bouge pas, il est têtu : on a assimilé le chômage à la pédophilie et la consanguinité : la précarité perçue comme une tare, ce qui en dit long sur une mentalité anti-sociale, dans tous les sens de la formule… Je ne peux pas m’empêcher de faire le lien avec les municipales encore chaudes et la percée de Steeve Birois et Marine Le Pen à Hénin-Beaumont… Que vont penser ses nordistes tout simples (« simple » est pour moi un adjectif excellent) qui ont spontanément portée plainte ? Pas par esprit « collabo » mais parce qu’ils ne sont écoutés nulle part, entendus nulle part ailleurs et relayés par personne. Fût un temps, pas si lointain, où une puissante formation populaire, de gauche ou de droite, aurait réparé cet affront mais aujourd’hui plus de parti de masse pour la masse, juste un prétoire pour tribune, une mauvaise tribune… La Nation reste le seul bien des pauvres, nous disait Jaurès. Quand le MRAP est plus prompt que le front et les nationalistes à défendre les français d’en bas, c’est que les précaires ne sont pas loin de n’avoir plus rien…

On peut toujours m’objecter que les Zemmour et les Gassiot ont été moins politiquement corrects que cet édito… Mais Zébulon et ses amis du PAF ne se trimballent pas la lie des supporters comme petit personnel : vigiles, cogneurs et colleurs d’affiches et ce des pires racistes aux plus « progressistes ». Le hooliganisme est chevillé aux milieux radicaux, de droite comme de gauche d’ailleurs. Tous ses « excellents militants » faisant fis de leur divergence de fond pour partager les frais du car et se colleter avec les abrutis symétriques de l’autre équipe… Tolérés seulement parce qu’ils payent un abonnement et remplissent les gradins, assurant ainsi les droits mirobolants du foot sur nos écrans : Canal + ne paie plusieurs centaines de millions pour des gradins clairsemés. Cependant dans l’esprit populaire, cette frange marginale reste principalement liée aux idées nationales. Je ne dis pas que je ne les comprends pas : le besoin d’un combat, d’une lutte, fusse pour défendre l’honneur d’une bande de millionnaires du ballon rond. Je n’affirme pas non plus que tous les ultras relèvent de cette triste logique mais 30 mètres de calicots, cachés en morceaux et assemblés dans la foulée : toute cette logistique méritait un meilleur message. Quelle formidable tribune politique pourrait devenir ses tribunes… Nous avons d’ailleurs soutenu ici même Mounir et Quemener contre ceux qui voulaient les salir mais rien, non rien, ne justifie la haine idiote, tout particulièrement entre compatriotes… Nous devons, sans nous renier, sans oublier de relativiser, nous démarquer de l’injustifiable, sinon nous ne saurons ni compris, ni accepté. Accepté non pas par ProChoix ou Libé’ mais par le Peuple, c’est tout ce qui devrait nous importer le Peuple…

1 - Communiqué du FN :: Lien
2 - Le Figaro Football :: Lien

31 mars 2008

Tibet : après le péril vert, le péril jaune

Source : voxnr.com

J’ai toutes les raisons romantiques de me sentir solidaire du combat de libération nationale du peuple tibétain.

Le Tibet… J’ai exploré ses confins, fréquenté ses exilés (rencontrant même le Dalaï-Lama à Dharamsala dans une audience presque privée – nous étions une petite dizaine – à la fin des années 1970), étudié sa religion. Le mythe de Shamballah m’a longtemps fait rêver plus que de raison… et, dix années durant, l’Himalaya a été la seule destination que je pouvais envisager pour mes vacances estivales.

Et pourtant, je ne me sens nullement solidaire ni des émeutiers qui se sont déchaînés à Lhassa, ni de ceux qui relayent leur combat en Occident.

L’expression « Dis-moi qui tu fréquentes je te dirais qui tu es » s’applique si bien en l’espèce qu’il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qui est le commanditaire de toute cette agitation quand on voit les pantins et les laquais qu’elle mobilise : les Ménard, Glucksmann, Lévy et Cie qui n’ont pas dit un mot pour condamner les USA et réclamer le boycott des JO d’Atlanta et de Los Angeles au moment où l’Empire états-unien semaient la mort de masse en Irak, au Panama ou en Yougoslavie, qui n’ont pas eu un mot non plus contre cette grande « démocratie » qui torture officiellement à Guantanamo et qui a le plus fort taux au monde, très loin devant la Chine , pour le nombre de citoyens emprisonnés par rapport à la population globale ; les Romain Marie toujours à la remorque dans tous les mauvais combats ; l’atlanto-sioniste Vaclav Havel, le ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner et Elie Wiesel, par ailleurs membre du Comité du danger présent de Norman Podhoretz, et partisan de frappes préventives contre l’Iran.

En 1998, le journaliste Jim Mann écrivit dans le journal australien The Age un article qui s’appuyait sur des documents des autorités américaines. Il y était entre autres révélé que, dans les années 1960, la CIA offrait 1,7 millions de dollars par an au mouvement tibétain à l’étranger. Le dalaï-lama lui-même recevait 180.000 dollars par an de la CIA

Depuis, certaines des activités de la CIA ont été transférées à un nouvel organisme : le National Endowment for Democracy (NED, Dotation nationale en faveur de la démocratie). Une grande partie du soutien financier au mouvement tibétain émane désormais de cette source.

L’argent arrose entre autres l’International Campaign for Tibet (ICT). A son conseil d’administration siègent l’agent de la CIA et président tchèque Vaclav Havel et l’ancien président de la Lituanie Vytautas Landsbergis. Les deux hommes sont également membres du Comité international pour la démocratie à Cuba.

Un autre bénéficiaire de l’aide financière américaine est le Tibet Fund (Fonds Tibet). En 2001, Sharon Bush en était la directrice : elle n’est autre que la belle-sœur de l’actuel président des États-Unis.

L’argent du NED finance encore le Tibet Information Network (Réseau d’information sur le Tibet), dont le siège est situé à Londres. De même, la Tibetan Literary Society (Société littéraire tibétaine) palpe les deniers du NED. Le Tibet Multimedia Center figure lui aussi sur les feuilles de paie du NED. La Tibetan Review Trust Society quant à lui reçoit de l’argent du NED pour la publication du mensuel Tibetan Review. Depuis 1996, l’émetteur de radio Voice of Tibet est financé par le NED pour ses émissions en tibétain et en chinois. Dans le rapport du NED pour 2006, on peut lire que cinq organisations tibétaines reçoivent de l’argent pour un total de 173.000 dollars. La liste n’était pas complète en raison du « caractère confidentiel » de certaines donations.

Le NED n’est pas le seul bailleur de fonds du mouvement tibétain. De l’argent américain arrose également le dalaï-lama et son entourage via le Bureau of Democracy, Human Rights and Labor (DRL – Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail) du ministère des Affaires étrangères. Ce DRL reçoit de l’État de l’argent qu’il peut utiliser afin de favoriser la « démocratie et les droits de l’homme » partout dans le monde. Un quart de tout cette manne va à des organisations qui s’intéressent à la « démocratie et aux droits de l’homme » en Chine. Il s’agit en grande partie d’organisations tibétaines.

Comment donc se sentir solidaire d’un combat qui a de tels soutiens ?

Comment se sentir solidaire d’un Dalaï-Lama qui, en octobre dernier, recevait du parlement américain sa Médaille d’Or, la plus haute distinction qu’il puisse décerner. Le « pape » des Tibétains avait alors remercié ses hôtes d’un discours, louant Bush pour ses efforts dans le monde entier en faveur de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme et qualifiant les États-Unis de « champions de la démocratie et de la liberté ». Un peu plus tôt, il avait déjà qualifié la guerre en Afghanistan de « libération ».

Il est clair pour nous que les événements du Tibet s’intègrent dans la stratégie des « révolutions oranges », ils servent les intérêts du Département d’État et ils entrent dans la stratégie géopolitique de l’Empire qui craint plus que tout la montée en puissance de la Chine. Rien de plus. Tout le reste est habillage et manipulation des opinions.

Christian Bouchet

18 mars 2008

La révolte des électeurs frontistes

 La révolte des électeurs frontistes

La chronique de Christian Bouchet sur le site voxnr.com

Interviewé, dès le résultats des élections municipales connues, Dominique Reynié, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, analysait celle-ci ainsi : « C’est une grande défaite pour la droite. On pouvait lire le premier tour de deux manières. D’un côté, les municipales montraient une poussée limitée de la gauche. De l’autre, les cantonales montraient une défaite historique pour la droite avec le plus faible score (45%) dans ce scrutin depuis 1958. Au soir du second tour, on voit que ce sont les cantonales qui ont donné le ton: il y a un vrai effondrement de la droite. C’est un mouvement de fond d’autant plus impressionnant qu’on ne peut pas dire que le PS soit en ordre de bataille. Tant sur le plan de l’organisation interne que des idées, c’est la cacophonie qui règne à gauche. »

Il précisait immédiatement que ces résultats s’expliquaient par la forte abstention, due « à une incontestable démobilisation de l’électorat de droite » et « à une défection encore plus forte des électeurs du Front national. Après la présidentielle, on pensait que la chute du FN profiterait à la droite, or, il n’en est rien. »

Il est vrai que les électeurs frontistes se sont souvent trouvé, au premier comme au second tour, dans une désagréable situation : il n’y avait personne pour les représenter, aucune liste à laquelle ils auraient pu apporter leurs voix.

Le Front national, en crise financière plus qu’organisationnelle du fait de son mauvais score aux législatives, avait choisi avec précaution de réduire sa voilure et de ne présenter que fort peu de listes. Dans la plupart des villes il était ainsi absent.

Sur qui ses électeurs pouvaient-ils reporter leurs suffrages ?

Sur les partisans de Nicolas Sarkozy ? Celui-ci qui avait gagné l’élection présidentielle en tenant un discours musclé sur l’identité nationale, les avait très rapidement déçu et donné aux électeurs nationaux l’impression de les avoir floués. Cela tant du fait de sa manière d’être que de son ouverture politique en direction de la gauche et du lobby immigrationniste. De surcroît, il avait jugé utile de les insulter entre les deux tours, se vantant, à Toulon, de les avoir éliminé du champ électoral.

Quant à voter pour le PS ou le Modem, c’était du pareil au même, blanc bonnet et bonnet blanc.

Alors pourquoi aller voter, et si on le faisait pourquoi voter pour l’UMP ?

Ainsi s’explique cette abstention anormalement élevée et cette hausse des votes blancs ou nuls qui fait que, au second tour, dans les communes de plus de 3.500 habitants, un électeur sur trois ne s’est pas reconnu dans les listes en présence.

On peut donc tirer deux conclusions assez optimistes de ces élections. Tout d’abord l’électorat du FN n’a pas disparu, il est tout simplement en retrait et en attente. Ensuite, ses challengers groupusculaires qui espéraient lui faire de l’ombre dans certaines localités ont tous connu un échec électoral cuisant vérifiant ce que nous avions écrit dès l’origine : leurs thèmes de campagne particulièrement autistes n’ont aucun écho ni dans la population ni dans l’électorat national.

La situation reste donc ouverte et tous les espoirs permis. Le Front national peut encore jouer un rôle historique. Il reste à savoir si sa direction saura, à court et moyen terme, prendre les décisions qui s’imposent pour le réunifier, le rénover et le redynamiser.

29 février 2008

Le Kosovo et la géopolitique des Balkans

 

 

par Pierre Hillard

La proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo a été mise en scène par les médias atlantistes comme une victoire des peuples à disposer d’eux-mêmes. Rien de plus fallacieux, rappelle Pierre Hillard : cette décision n’a pas été prises par les intéressés, mais par l’Allemagne et les Etats-Unis. Au demeurant, le Kosovo « indépendant » n’est pas souverain et son activité économique légale se limite à héberger la plus moderne des bases militaires US implantée sur le continent européen, Camp Bondsteel.

La suite : Ici

19 février 2008

Etre contre l’indépendance du Kossovo ? Oui, mais pour la bonne raison !

par Christian Bouchet

3d2e05350b9451ff05434816eb7704c0.jpgIl est parfois des prises de positions convergentes avec les nôtres qui nous mettent mal à l’aise. Il en est de même de certains « coude à coude » auxquels l’actualité nous oblige.
Ainsi, l’indépendance du Kossovo a-t-elle été pour certains groupuscules une nouvelle occasion de se mettre sous le feu des médias en y manifestant une opposition aussi radicale que voyante.
Et pourtant, cette « minorité agitée » n’aurait-elle pas mieux fait de se taire ? Elle qui rêve d’une Europe au 100 Kossovo ! Elle qui récemment diffusait avec fierté une carte de France dépecée. Elle qui se revendique du Vlaams Belang (dont un communiqué opportun du Mouvement Nation rappelle que le parti dont il est issu –
le Vlaams Blok - soutenait l’UCK en 1999) et de la Ligue padane…
Cette « minorité agitée » se serait sans doute tue, voire même se serait réjouie si les Kossovars n’avaient pas été musulmans. Car à leurs yeux, comme aux yeux de leurs amis sioniste ultra, là est le crime de cette indépendance : « Elle fait partie du nouvel expansionnisme islamique et du pacte Eurabia. »
Une fois de plus l’analyse géopolitique s’efface derrière des réflexes de front bas et, une fois de plus, les tenants de l’Occident et de la lutte contre l’islamisation se font enculer par ceux qui les manipulent : après les avoir bien « chauffés » dans la croisade anti-islam, les services de l’Oncle Sam installent sur leur paillasson, avec une ironie mordante, un État musulman…
Pour nous que le Kossovo soit chrétien, musulman ou athée, il ne devait pas accéder à l’indépendance pour une seule raison : car tout fractionnement de l’Europe, indépendamment de toute considération religieuse est actuellement un crime contre notre continent.
« Un va devant » dit-on. L’indépendance du Kossovo ne peut que donner des idées et servir d’exemple. Elle sera profondément déstabilisatrice dans les Balkans, mais quid en Espagne ? en France ? en Grande-Bretagne ? Comme l’écrit avec justesse Jean-Michel Vernochet : « cela augure mal de l’avenir des États nationaux, tous plus ou moins menacés à terme de landérisation. À commencer par le royaume belge maintenant devenu presque une fiction politique… »
Les États Unis après avoir démantelé les empires européens, tentent de faire de même avec les nations européennes. Une Europe fédérale serait une Europe faible donc sous contrôle américain. L’Union des Nations européennes étant le dernier rempart face à l’hégémonie des États-Unis, il est logique que ceux-ci soutiennent et favorisent la mort de celles-là.
Tel est le véritable problème et tous ceux qui de Nice à Strasbourg, de Bruxelles à Milan, font la promotion d’un régionalisme identitaire sont les alliés objectifs du Département d’État ou ses idiots utiles.

18 février 2008

Après le Kosovo

 

 

par Boris Le Lay

L'indépendance du Kosovo est désormais un fait pour l'Occident. Se faisant Tel Aviv et Washington ainsi que leurs vassaux français, anglais et européens en général, ont pris le risque de créer un précédent dans l'ordre international. L'objectif premier est tout simplement de démanteler une Yougoslavie hostile aux USA et au contrôle capital des Balkans par l'empire via ses larbins eurocratiques. L'isolement de la Serbie consommé, il ne restait qu'à mettre à sa tête un collaborateur, ce qui fût fait il y a peu avec la réélection de Tadic. Cependant ce pays n'est pas encore mûr pour un capitulation. Nul doute que l'Axe atlanto-sioniste s'y emploiera, mais il n'en demeure pas moins que s'achève une phase essentielle de destruction des positions russes en Europe orientale. Il aura fallu cependant créer de toute pièce une nation, usant du séparatisme, pour y parvenir. L'objectif plus large étant l'isolement de la Russie et de la Chine par les USA. Cependant, ce précédent ne manquera pas d'alerter et de donner à Pékin, Téhéran et Moscou tous les éléments nécessaires pour prévenir de tels scénarios sur leur terrain respectif et de jouer cette carte séparatiste contre les USA. Déjà dans le Caucase, la Russie entend créer deux républiques, une abkhaze et une ossète, afin de mettre la pression sur une Géorgie alignée sur l'OTAN. Moscou n'hésitera certainement pas à mettre la pression sur les états baltes ou résident de nombreux russophones, créant de grandes difficultés à l'Union Européenne. On est frappé de voir que c'est une minorité musulmane qui a été une fidèle alliée de Washington et Tel Aviv dans cette opération. Preuve de la défiance tout à fait relative entre les néo-conservateurs US et l'Islam en tant que tel. En vérité, partout ou les USA ont désiré intervenir se sont trouver des « islamistes » pour justifier une telle intervention: tantôt contre eux (Irak) tantôt en leur faveur (Afghanistan contre les Russes). Cet antagonisme Islam/Occident est en vérité théâtralisé.

Ce précédent dans le droit international remet au coeur de la logique des rapports entre nations le droit du plus fort, le droit du sang. Car les Kosovars albanais sont dans leur droit naturel : la terre qu'ils peuplent majoritairement est légitimement à eux. Cela réduit d'autant la portée du légalisme ONUsien. Les atlanto-sionistes ont donc consommé l'ordre international qu'ils avaient instauré après 1945 : fin de Bretton Woods en 70, fin du mythe démocratique en Irak en 2003, fin du droit international promu par le machin avec le retour au « fait accompli » sur le droit.

Ce dernier élément a notre sympathie en soi, car nous croyons au réel et non pas à l'abstraction des paperassiers droits de l'hommard.

Il faut donc s'attendre, et nous voyons Moscou s'y employer, à une réaction radicale de l'Union Eurasienne contre les foyers séparatistes manipulés par les sionistes, jouer la carte du séparatisme à l'image du Kosovo dans des endroits lui étant favorable et reconnaître des minorités hostiles à Washington et Tel Aviv.

C'est certainement la contre offensive russe qui risque de surprendre le monde. Mais l'empire a décidé d'opter pour la fuite en avant, une fuite en avant qui repose sur l'idée que Moscou est dépourvue de moyens sérieux de rétorsion et que la Chine est trop occupée par son économie et ses tensions sociales pour perturber l'avancée USAméricaine. Cette idée risque de s'effondrer dans la mesure ou la puissance de l'empire est en réalité celle d'un tigre de papier même plus en mesure d'assurer la circulation dans Bagdad et ce fait se sachant de plus en plus, encouragera une fronde panasiatique.

Cette fuite en avant fait suite à la défaite programmée en Irak et vise l'ouest russe et l'est asiatique. Cette offensive décisive pour Washington est censée lui offrir l'isolement de cette Russie qu'elle craint tant.

En vérité, loin de l'isoler, les USA ont précipité l'union eurasiatique (son cauchemar) au sein de l'OCS, Organisation de Coopération de Shangai qui voit les pays d'Asie Centrale, la Russie et la Chine créer une structure de plus en plus intégrée de dimension stratégique. L'Iran et l'Inde y ayant statut d'observateur, ce qui leur ouvre des possibilités en terme de coopération énergétique. Des manoeuvres militaires communes entre Russie et Chine ont désormais lieu régulièrement. Dont la prochaine impliquant 6500 soldats. Le futur président russe a par ailleurs annoncé la signature d'un contrat avec la Chine afin de fournir du gaz à ce pays. Poutine a récemment vanté des relations sino-russes « qui n'avaient jamais été aussi bonnes dans l'histoire ». Un temps sur la réserve, la Russie usait de ses réserves pétrolières et gazières comme d'un moyen de chantage sur Washington : « Pas d'énergie aux chinois contre un respect de notre aire d'influence ». En agressant systématiquement les russes, les américains ont poussé ces derniers et leur potentiel énergétique dans les bras d'une Chine soucieuse de trouver une alternative au pétrole moyen-oriental. Par ailleurs le Japon, totalement aligné sur les USA, devra certainement modérer son soutien s'il veut pouvoir jouir d'une part du pétrole et du gaz sibérien.

L'Eurasie de Douguine se réalise sous nos yeux et ce grâce à Washington. L'OCS représente 1.6 milliards d'individus et 12 000 milliards dollars de PIB contre 13 000 pour l'UE. Avec ses observateurs iranien et indien, l'OCS représente 2.6 milliards d'individus. Autant dire que celui qui s'isole de plus en plus n'est pas celui que l'on croit.

13 janvier 2008

2008 : trois anniversaires !

 

par Christian Bouchet

L’année 2008 sera l’anniversaire de trois événements importants à mes yeux : la nakba de 1948, la pseudo-révolution de mai-juin 1968 et l’assassinat de François Duprat le 18 mars 1978.
J’aurai au fil de l’année, sur ce site et dans les colonnes de la revue Résistance, l’occasion de revenir sur chacun de ces faits historiques.
Il convient cependant, sans déflorer ce que je serai alors amené à écrire, d’en révéler dès maintenant la ligne directrice, l’idée générale que je développerai tout au long de cette année.
Pour comprendre ce que fut la nakba, il faut absolument lire Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949) de Dominique Vidal qui figure dans la colonne « documents » de ce même site. Basé uniquement sur les travaux d’historiens israéliens, cet article insiste sur un fait caché, occulté, celui du nettoyage ethnique de la Palestine menée par les milices sionistes. C’est à juste titre qu’il cite Ilan Papé : « [les faits ayant entraîné la nakba sont] un cas évident d’opération de nettoyage ethnique, lequel est désormais considéré par la loi internationale comme un crime contre l’humanité ». Avec l’irruption des moyens de communication électroniques, poursuit Pappé, « il est devenu quasiment impossible de dissimuler des crimes contre l’humanité à grande échelle ». Et pourtant « un de ces crimes a été presque totalement effacé de la mémoire publique globale : la dépossession des Palestiniens en 1948 par Israël ». Pis, il a été « systématiquement nié et n’est toujours pas reconnu aujourd’hui comme un fait historique ».

Du printemps de 1968, qu’ai-je à dire ? Rien que du mal… Pour reprendre le titre d’un article du mensuel Ordre nouveau qui me marqua dans ma prime adolescence, ce fut un moment où les égouts débordèrent… A titre personnel, tout ce que je peux mépriser, tout ce qui me soulève le cœur, tout ce à quoi je m’oppose, a connu une fortune nouvelle ou est apparu au grand jour avec « Mai 68 ».


360c5247ae15940916f53aa939500125.jpgMais ce n’est pas tout, et ce n’est même pas là l’essentiel. Ce qui est important c’est ce que François Duprat, dans son livre Les Journées de mai 1968 (1), avait longuement analysé, c’est-à-dire le rôle de certains services qui voulaient abattre le général De Gaulle et les liens étroits qu’ils entretenaient avec les dirigeants de quelques uns des groupuscules les plus en pointe dans l’agitation. Une thèse qui n’est d’ailleurs pas spécifique à François Duprat et à notre mouvance. On la retrouve chez certains gaullistes de conviction et chez quelques gauchistes sincères comme Leila Salem, un cadre d’ATTAC, qui fit scandale chez les bien-pensants, en 2006, avec un article intitulé «Recette pour détruire la démocratie» (2). L’auteur évoquant les actuels «nouveaux réactionnaires» et «néo-conservateurs» français remarquait que «ceux-ci sont, pour la plupart d’entre eux, sionistes et anciens trotskistes». Et s’interrogeait : «comment expliquer raisonnablement cette mutation idéologique radicale lorsqu’on sait que ces intellectuels sont presque tous issus de la gauche et que, parmi eux, beaucoup furent les hérauts du vent de liberté de mai 68, voire les meneurs» ? La réponse de Leila Salem, même si elle était formulée interrogativement, était sans ambiguïté :«Se peut-il que l’engagement, en mai 68, de ces intellectuels viscéralement proches d’Israël, n’était pas sincère et n’avait pour seul but que l’utilisation de la colère et de l’énergie des révoltés pour mettre KO De Gaulle et promouvoir leurs intérêts et ceux d’Israël ?».

François Duprat, nul ne l’ignore, fut assassiné alors qu’il était un cadre de premier plan du Front national (3). Son assassinat, très sophistiqué, fut clairement signé.

 

Il y a quelques années, rendant hommage à notre camarade, Hervé van Lathem écrivait ces quelques lignes qui résument très bien la raison de sa mort : « Duprat, avant tout le monde, dénonçait les risques que faisait peser l’immigration sur l’identité des peuples européens. On peut donc lui reprocher des choses mais certainement pas de ne pas avoir vu clair tôt assez. Mais ce qui était remarquable chez Duprat, c’était cette capacité d’analyser les phénomènes de société et d’en analyser les causes profondes. Et pour lui, dénoncer l’immigration n’était pas suffisant, il voulait aussi dénoncer les forces qui l’avaient provoqué. Et il n’hésitait pas à les désigner comme étant les forces de l’argent cosmopolite : le grand capital apatride et vagabond... Il avait démonté les rouages d’un mécanisme qui avait des buts divers : main d’œuvre à bon marché, métissage des peuples, destruction des spécificités nationales et de l’esprit potentiel de résistance qui en découle, préparation au mondialisme, etc... ».

En clair Duprat nous conseillait de nous attaquer aux causes et non pas aux effets. A ceux qui les font venir et non pas aux émigrés.

 


Alors que je commençais à réfléchir à cette chronique Le Figaro a rendu compte du rapport de la Commission Attali en charge de réfléchir sur la croissance. Que nous propose Jacques Attali, ce représentant à l’état pur du « grand capital apatride et vagabond » ? Rien de moins que de relancer l’immigration, qui serait « une source de création de richesse, donc de croissance », et permettrait – surtout ! - de « détendre le marché du travail ».

Décidément en 1948, 1968, 1978… ou en 2008 rien ne change et tout se tient !

 

1- Toujours disponible chez www.librad.com ici
2 - Publié sur les sites Oulala.net et Bellaciao.
3 - Dans le mémoire qu’il lui a consacré, l’historien Nicolas Lebourg le qualifie de « n° 2, voire n° 1bis du Front national ».

06 janvier 2008

Alain Soral : « Le populisme libéral a peu de chance de s’imposer chez nous » !

Source : Egalité et Réconciliation

Interview de rentrée d’Alain Soral réalisée par Voxnr.com

abae677199d89ede3bf8bf7fb33a4ee4.jpgA l’aube de cette nouvelle année qui s’annonce stratégique pour E&R, Alain Soral précise dans une petite interview militante, ce que doivent être la ligne et la rôle d’E&R. Il propose d’entreprendre un travail doctrinal autour du concept « gauche sociale, droite sociétale », d’articuler les concepts de régions, d’Europe et de Francophonie, « à partir de la nation » et de tenter de faire de cette doctrine celle du FN de demain. Si possible.

1) Nous, français, éprouvons le besoin d’opposer souveraineté et Europe ou nation historique et régions. Le président Chavez, qui se réclame d’un « nationalisme bien compris », a associé depuis 2004 son pays au Mercosur (le marché commun sud-américain, le Venezuela en est membre à part entière depuis 2006). Ce qui ne l’empêche absolument pas de critiquer et de combattre l’extension de l’ALENA (libre échange nord-américain) au reste du continent (sous le nom de ZLEA). De même Ollanta Humala au Pérou ou le « délégué zéro » n’opposent pas les luttes indigènes et le cadre national large (on trouve sur votre site personnel une citation du commandant Marcos à ce sujet). En Amérique du Sud, les antagonismes historiques sont pourtant encore plus meurtriers et tragiques qu’en Europe, comment expliquer chez nous cette difficulté à « articuler la Nation » ? Comment y remédier ?

Cette difficulté s’explique par l’addition de trois facteurs : un, le centralisme français, deux, deux siècles de guerre entre nations d’Europe où la France joue chaque fois un rôle central et en trois, - le plus important - le rôle pervers joué par l’UE à partir de ces deux données historiques !
Une Union Européenne qui joue sur la bêtise des réactionnaires - leur phobie du jacobinisme - pour favoriser les séparatismes régionaux contre la Nation.

Une UE qui joue en même temps sur la bêtise des progressistes - traumatisés par deux siècles d’affrontement nationaux, de Napoléon à Hitler - pour détruire les solidarités nationales au nom de l’idéologie du « citoyen du monde ». Une idéologie du « citoyen du monde » qui présida à la « déclaration universelle des droits de l’homme » - matrice idéologique de l’UE - elle-même en complète rupture avec la « déclaration des droits de l’homme et du citoyen » fondée sur la nation…

Cette double stratégie « mondialiste », passant par l’anti-nationalisme régionaliste de droite et l’internationalisme européiste de gauche au service de la même mondialisation économique - a produit, depuis un demi siècle, cet antinationalisme à large spectre, partagé par la plupart des réactionnaires régionalistes, des progressistes droits-de-l’hommistes et des libéraux. Un antinationalisme qui rend aujourd’hui difficilement audible, en France, toute pensée qui prétend articuler les régions et l’Europe non pas contre, mais à partir de la Nation. Une Nation qui est pourtant la seule base historique à partir de laquelle construire quoi que ce soit de durable et de populaire en Europe…

2) Egalité et Réconciliation : concept à tiroir, parfois déroutant pour un milieu qui n’est pas très au fait de la dialectique. Pouvez vous une nouvelle fois décliner et définir à qui s’applique l’égalité et la réconciliation ?

D’abord il ne peut pas y avoir de réconciliation sans égalité, sinon il s’agit de soumission, forcément temporaire, l’histoire de l’Algérie française nous l’enseigne… Donc étant admis que l’égalité en droits – le politique ne pouvant statuer que sur cette égalité là - est la condition de la réconciliation, réconciliation entre qui et qui ?

D’abord, puisque c’est, en France, le problème le plus urgent et le plus apparent : Réconciliation entre Français de souche - disons d’origine européenne - et Français d’origine immigrée – entendu par là, issus du sud de la Méditerranée … Réconciliation de tous les Français donc, autour du même amour de la Nation française et de ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité… partant du principe, fondé sur la morale et sur la pratique, que je préfère vivre aux côtés d’un concitoyen d’origine kabyle, mais éduqué selon mes valeurs et patriote, qu’au côté d’un Francilien bobo, pourtant Français de pure souche, mais adepte de la gay pride et de la techno parade. Français collabo qui passe sont temps à me dénoncer à la police de la pensée comme nationaliste (via des sites comme Réflexes ou Ras le Front, tous animés par de bons petits blancs).

Réconciliation ensuite au sein du camp national, entre « identitaires » - un peu trop crispés sur l’ethnique - et « républicains » - qu’il ne faudrait pas prendre pour des immigrationnistes - face au Système mondialiste ; puisque le projet de ce mondialisme « trotsko-libéral » (trotskiste pour les valeurs, libéral dans la pratique) est de faire éclater, puis disparaître partout – dans les Balkans hier, demain en France si nous n’y prenons pas garde - la seule opposition réelle à ce mondialisme : à savoir l’opposition nationale. Une opposition nationale qu’un Le Pen a réussi a fédérer en France, via le Front National, et à monter à 18 %, malheureusement au prix d’un grand flou doctrinal que nous payons aujourd’hui…

Réconciliation enfin entre gauche sociale – c’est à dire gauche du travail - et droite des valeurs morales – c’est à dire droite anti-libérale - puisqu’il nous faut, face à Sarkozy, ce qu’il incarne et ce qu’il a mis en mouvement avec sa stratégie d’ouverture à gauche, sortir de ce flou et produire la doctrine anti trostko-libérale qui explique et justifie cette nécessaire réconciliation de la gauche sociale et de la droite des valeurs face au Système UMPS. Une union des déçus de la gauche et des déçus de la droite qui constitue depuis le milieu des années 80 l’électorat du Front national ; la droite des valeurs : respect de la hiérarchie, sens de l’honneur et de la fidélité, conscience du devoir… étant aujourd’hui la condition de la gauche sociale, aussi vrai que la gauche bobo pseudo-humanitaire d’un Kouchner est devenue le moteur idéologique de la droite financière et mondialiste de Sarkozy. Un Système libéral-libertaire, mis en place après mai 68 et passé aujourd’hui, vu l’aggravation de la crise, au libéralisme sécuritaire anti-français, avec comme projet : l’agression de l’Iran, comme réalité : l’écrasement des classes moyennes et, pour nous faire avaler la pilule : le sourire de Carla Bruni à Euro-Disney !

3) La nation qui revient à gauche ou la gauche qui revient à la nation, c’est un peu l’idée qui sous-tend votre démarche actuelle. Pourtant on reproche à E&R de surtout fédérer des vieux routiers de la droite radicale. Est-ce une réalité ? Que répondez-vous à cette objection et à ceux qui la portent?

Je ne vois pas qui est ce « on », sinon des forumistes gauchistes rompus à la propagande et s’exprimant derrière le confort de leur clavier d’ordinateur. Il suffisait de se rendre à notre université d’été pour constater le contraire : moins de 30 ans de moyenne d’âge, participants pour la plupart issus de la gauche… Et quelques vieux routiers, c’est vrai, de la droite radicale, tellement cohérents dans leur radicalisme qu’il y a longtemps qu’ils ne se considèrent plus comme de droite !

4) Les convergences du « boulangisme », le cercle Proudhon, le néo-socialisme ou même la « gauche vichyste », le nationalisme a déjà connu des tentatives pour muscler son corpus social pour le moins indigent, voir révoltant. Mais, aussi brillants que furent leurs animateurs, il n’y pas en France de continuité du nationalisme social, juste des piques. A l’inverse, on assiste depuis quelques années à la montée d’un populisme ultra-libéral (le Vlams Belang notamment). Quelle est l’alternative possible et comment l’inscrire dans la durée ?

Le Populisme ultra-libral est une idéologie spécifique au monde anglo-saxon : Angleterre, Pays Bas et son voisin flamand… Monde anglo-saxon aux structures beaucoup plus inégalitaires que celles qui fondent la société Française d’avant ou d’après la Révolution de 1789, comme les travaux d’Emmanuel Todd sur la famille le démontrent notamment…

Ce populisme libéral - même si c’est sans doute la mission de Sarkozy de tenter de l’imposer en France au nom de la « modernité » - a donc peu de chance de s’imposer chez nous. Les scores électoraux de Mégret puis ceux de Villiers, qui ont déjà tenté en 2002 et en 2007 d’incarner cette tendance sans jamais dépasser 2 %, semblent l’attester jusqu’à présent, et ce malgré le travail de propagande et de déséducation des médias de masse pour détruire ces fondamentaux dans le peuple.

La France n’est ni l’Angleterre ni la Hollande ni l’Allemagne… alors pour que ce « nationalisme social » sans théorie raciale et sans problème d’espace vital s’inscrive dans la durée en France, il faudrait peut-être simplement que cette doctrine d‘union de la gauche sociale et de la droite sociétale – adossée à une vision de l‘Europe et de la francophonie – devienne enfin l’idéologie claire et affichée du seul grand mouvement d’opposition français qu’est le Front National. Un Front National qui rassemble depuis 20 ans, sur le plan électoral, les déçus de la gauche sociale et les déçus de la droite des valeurs, sans jamais que les cadres de ce mouvement ne produisent le travail de synthèse et le projet cohérent correspondant à ces aspirations.

À Egalité & Réconciliation, c’est à ça que nous voulons travailler, plutôt que de guerroyer inutilement sur le terrain de la politique politicienne. Tenter de faire de cette doctrine de réconciliation la doctrine du FN de demain, car il nous parait clair que si la ligne nouvelle se limite à la dédiabolisation, il y a malheureusement fort à parier que le FN de l’après Le Pen, subisse le même sort que le PCF après le retrait de Georges Marchais…
Mais je sais Marine suffisamment perspicace pour ne pas tomber dans le piège - et la facilité – qui risquerait de faire d’elle notre Marie-Georges Buffet !

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